CARCHADORIAS





Sans vouloir souffler le chaud et le froid...

Le hasard de la programmation - on se croirait presque à la télévision - veut que cet article suive de près celui qui a été consacré à une plaque fossilifère d'anthologie, contenant des dizaines de dents du requin fossile Cosmopolitodus hastalis, des reliques d'une splendide couleur bleue pour ce qui concerne leurs couronnes.

L'atterrissage est d'autant plus rude, de montrer quelques méprises qui sont susceptibles de vous décevoir après une fraction de seconde d'espoir intense.

Mais ainsi que nous vous l'avons déjà illustré, les désillusions ne sont pas rares, au cours des promenades de prospection dans les sables pliocènes du port d'Anvers.

Car parmi les trouvailles les plus dispensables que vous puissiez faire, outre les fragments de carrelage, pavés entiers ou briques plus ou moins bien conservées, blocs de béton et autres vestiges de constructions disparues, certaines d'entre elles attestent de leur passé très récent.

Elles ne doivent de se retrouver mélangées avec les sédiments qu'à leur grande légèreté et, partant, à leur aptitude à se déplacer aisément, tant par l'action de l'eau que parfois le simple effet du vent.

J'ai donc le vif déplaisir de vous présenter les ... morceaux de PVC. 

Polychlorure de vinyle, un terme de chimie désignant un polymère thermoplastique.

Je présume que cela vous aide.

Sans doute vaut-il mieux que j'en reste là dans les précisions, qui n'étaient pas inutiles au cas où certains d'entre vous auraient penché pour le système de communication Permanent Virtual Circuit, ou pour un certain Paul Vaillant-Couturier, voire même qui auraient pensé à la Pression Veineuse Centrale ou au Prix de Vente Conseillé, sans oublier le Parti Vert du Canada, le Pacific Vapeur Club et le Problème du Voyageur de Commerce...

J'ose à peine mentionner la célèbre Ponction de Villosités Choriales...

C'est fou ce que l'on peut trouver dans une modique recherche sur le Net !

Mais on s'égare.

Sur les doux sables gris de l'Oorderen, disais-je, l'on peut parfois tomber nez-à-nez avec ce genre de visions trompeuses, qui n'ont d'une dent de requin fossile que l'apparence.

Mais parfois, pour peu qu'ils soient humides et brillants, ils feront brièvement illusion.



Plus vous vous en approcherez et plus rapide sera votre déception.



Lorsque vous essayerez d'en avoir le coeur net, le spectacle sera généralement celui-ci.



Dans d'autres circonstances, la perfidie est encore plus subtile.

Une forme triangulaire et une couleur grisâtre, surtout si la luminosité est réduite, attireront votre regard


Mais le diagnostic sera identique.



D'autant qu'il existe des fragments de PVC qui jouent aux icebergs.



Le pire, c'est que vous avez toutes les chances de les retrouver lors d'une promenade ultérieure.

(à suivre)








Ven 6 nov 2009 2 commentaires
Je pense qu'il faut une grande force d'âme pour chercher dans ces conditions, tous ces petits bouts de coquilles brisées, les fragments jaunes qui ressemblent à des mégots(sur les photos en tous cas), ces coups au coeur suivis de déception! Admiration! Mais je devine  déjà ta réponse: quel plaisir quand on TROUVE!
violette - le 06/11/2009 à 09h19
C'est vrai, il faiut être un peu obstiné et vouloir le résultat, quitte à rentrer souvent bredouille. Mais le plaisir de faire des photos s'est décuplé par celui de les mettre sur le site et de les faire partager. Une sortie n'est donc jamais vaine, même si les belles trouvailles sont rares au rendez-vous.
Comme l'a écrit un autre bloggeur, dans ce niveau du pliocène supérieur, il faut un certain "jusqu'au boutisme". D'un autre côté, j'ai le plaisir d'écouter de la musique toute la journée : 100 cds de PINK FLOYD en concert dans les années soixante-dix, j'ai le temps avant d'arriver au bout...
carchadorias - le 06/11/2009 à 09h30