Présentation

  • : CARCHADORIAS
  • CARCHADORIAS
  • : Humour Photos Nature Sciences Fossiles Loisirs
  • : Ce site est celui d'un passionné de toutes ces choses diverses qui peuvent faire le piment d'une vie : entre autres, la musique, les livres, les fossiles, les sciences, le roman ou film à suspense, la photo, l'aviation, bref tout ce qui est de la nature irrationnelle des hobbies, qui n'ont en commun avec la "culture générale" que le fait d'être partagés par d'autres illuminés, autant que d'être rigoureusement inutiles dans la vie de tous les jours.
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • : 31/12/2008

Recherche

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Derniers Commentaires

Profil

  • carchadorias
  • CARCHADORIAS
  • Homme
  • 28/12/1958
  • Belgique Brabant wallon Bousval
  • Humour Photos Fossiles Trilobites Carcharias
  • Passionné de fossiles, de musique, de livres, de photos, de sciences, d'aviation. Mais ce n'est dans un ordre, ni chronologique, ni de préférences. Allez y trouver une logique ! Moi-même, j'ai renoncé depuis belle lurette...

Les écarts de carchadorias

Pensée du jour

Argent gagné facilement

Vendredi 13 novembre 2009 5 13 /11 /Nov /2009 07:27






A plus d'un titre, le décès de mon ami Jean-Jacques avait été un traumatisme.

A la tristesse profonde engendrée par sa disparition soudaine, allait se surajouter la totale surprise d'une attitude cassante et vengeresse de sa fille unique, dont la seule explication plausible qui me reste à l'esprit après tant de mois est qu'elle profita des événements pour règler ses comptes.

Avec son père peut-être, comme pour lui faire payer la vie indépendante qu'il avait toujours menée, et avec nous, ma femme et moi-même, qui étions sans doute gravement coupables d'une - trop - grande proximité avec l'intéressé.

Quelle qu'en fut la raison, ou que furent ses motivations profondes, sa fille ne daigna pas offrir la moindre explication crédible à son animosité à notre égard, ne jugeant pas utile de répondre, par la suite, à la lettre que je lui avais adressée pour lui proposer de clarifier les choses, de dialoguer entre personnes adultes et responsables.

La cérémonie d'incinération s'avéra même être une bouffonnerie, dans laquelle l'on ne décrivit que la caricature d'un homme pourtant complexe, aux multiples facettes, tout en procédant dans le même temps à une attaque en règle contre des personnes soit-disant mal intentionnées, accusées publiquement et dans des termes à peine voilés d'avoir souhaité un acharnement thérapeutique.

Nous, à n'en pas douter...

Bouleversés, écoeurés, blessés, nous étions sortis avant la fin.

Comme si le simple fait d'avoir aidé un vieillard malade à remettre son dentier, pour s'alimenter dans un hôpital, ainsi que le lui demandaient ses infirmières, était assimilable à un acte de torture !

" A quoi cela sert qu'il mange ? De toute façon, un jour de plus, ou un jour de moins ! ", nous avait même lancé sa propre fille au téléphone.

Mais j'en arrête là, car ce n'est pas notre propos, et surtout parce que la blessure n'est pas totalement cicatrisée.

Cette triste péripétie de l'incinération dans la périphérie bruxelloise avait toutefois comporté pour moi le paradoxe d'une connotation positive : cette même fille unique avait l'intention de respecter les dernières volontés de Jean-Jacques, puisque seule la région flamande autorisait que les cendres d'un défunt puissent être emportées, en vue d'être dispersées dans d'autres lieux.

C'était son souhait, du moins celui qu'elle croyait pouvoir déduire du fait que son père avait posé, bien en évidence sur sa table de chevet, la photo en noir et blanc, développée par ses soins, d'une pierre portant l'inscription selon laquelle les cendres d'un homme avaient été répandues dans le Midi.

Ironie du Destin - toujours lui, mais changez l'étiquette si vous le souhaitez - mon arrêt mi instinctif mi prémédité dans le bois d'eucalyptus de Cessenon-Sur-Orb, en compagnie de l'intéressé, quelques mois auparavant, allait avoir pour conséquence directe que les cendres de mon meilleur ami Jean-Jacques retourneraient effectivement sur les lieux de ses innombrables séjours.

Pire !

Si elle savait...

Mais peut-être la fille de Jean-Jacques s'en est-elle d'ailleurs doutée, lorsqu'ils étaient descendus vers le Sud ?

A quelques-uns, au mois d'août de l'année 2008, ils avaient fait le voyage en famille, pour aller déposer ses cendres à l'endroit précis que devait leur indiquer Jean-Loup, l'ami paléontologue.

Après le rendez-vous convenu dans un café du village de Cessenon-Sur-Orb, ils s'étaient mis en route jusqu'au début de chemin qui mène à la vallée du Landeyran.

Jean-Loup allait m'expliquer par la suite qu'ils avaient paru quelque peu tendus et inquiets, lorsqu'ils s'étaient apercus qu'il allait leur falloir quitter la route carrossable, pour s'enfoncer dans la garrigue, entre les " matitis ", comme disait souvent Jean-Jacques à propos des taillis, ancien d'Afrique qu'il était jusqu'au bout des ongles. 

L'ami paléontologue les avaient donc menés au lieu spécialement préparé pour recevoir les cendres de Jean-Jacques.

L'ombre d'un double olivier, à l'angle d'une nouvelle vigne fraîchement plantée, bien au-dessus du lit de la rivière du Landeyran, mais à la même hauteur que cette falaise ordovicienne sur laquelle il avait si souvent été perché pour y recueillir ses " petits schistes ".

Juste en face.

Jean-Loup leur avait expliqué l'endroit proche, où il tenait à stationner sa voiture, ses exigences d'une place qui fut rigoureusement plate pour faire fonctionner son petit frigo alimenté au gaz, la nécessité absolue d'un emplacement restant à l'ombre le plus longtemps possible.

Ensemble, ils avaient creusé le schiste fin amassé au pied de l'arbre, pour y déposer les cendres d'une urne qui avait été bien difficile à ouvrir.

La fille de Jean-Jacques avait été ravie de l'endroit choisi !

Qu'aurait-elle pensé si elle avait appris que je l'avais moi-même soigneusement sélectionné  ?

Jean-Loup s'était bien gardé sur le moment de leur préciser la vérité, espérant toujours récupérer ces cartes géologiques et topographiques qu'elle détenait encore, et qui contenaient les notes de terrain que les deux amis avaient  récoltées ensemble, pendant les nombreuses années de prospection commune.

Quant à moi, je n'avais évidement pas été convié à cette cérémonie, n'étant informé que par la complicité de notre ami paléontologue.

Mais je n'en avais cure, l'essentiel était sauf : Jean-Jacques reposerait éternellement dans un endroit dont je savais qu'il aurait apprécié le choix.

Quelques longs mois allaient passer.

La suite avait été bien morne, marquée par le décès de ma propre mère, mais la création ultérieure d'un blog allait fortement m'occuper, ce sacrifice aux " techniques modernes " auxquelles le même Jean-Jacques réservait sa méfiance naturelle, et qu'il aurait sans doute accueilli avec beaucoup de scepticisme.

Presque une année s'était écoulée depuis le dépôt de ses cendres, et je n'avais toujours pas eu l'opportunité de m'y rendre.

Au début  des grandes vacances 2009, au cours de l'après-midi d'un vendredi du début juillet , nous étions enfin parvenus à notre traditionnel lieu de villégiature, une petite villa aménagée dans  le hameau de Camprafaud .

Chacun était libre du choix de son futur emploi du temps, mais en ce qui me concernait, la chose était entendue.

Dès le lendeman de notre arrivée, tôt le samedi matin, j'allais me rendre jusqu'au village de Cessenon-Sur-Orb, puis poursuivre dans la direction de Causses-et-Veyran, pour bifurquer vers la vallée du Landeyran.

Toutes affaires de vacances cessantes, ou n'ayant même pas encore débuté, j'avais une tâche à accomplir. 

Rendre visite à un vieil ami.

(à suivre)



Par carchadorias - Publié dans : BILLETS D HUMEUR - Communauté : Pensées d'ailleurs
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Retour à l'accueil
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés