Pendant quelque temps, plusieurs d'entre nous - dont je faisais évidemment partie, mais j'avais la bonne excuse d'en être à mes débuts dans le Pliocène d'Anvers - commirent l'erreur
d'interpréter erronément certains curieux fossiles comme étant des otolithes de gros poissons.
Ainsi que je viens de le préciser, cela remonte à des temps anciens, les faits étant depuis lors largement prescrits...
La confusion était d'ailleurs compréhensible, pour ces trouvailles insolites qui étaient relativement fréquentes dans les sables du Kattendijk, mais plus abondantes encore dans les sables
d'Oorderen.
Dans ces derniers, de tels vestiges ont la particularité d'être très facilement repérables, en raison de leur teinte généralement sombre, tirant du brun vers le noir, ce qui sera d'autant plus
courant que l'humidité ambiante sera importante, laquelle aura tendance à accentuer le phénomène.
Parmi les plus gros exemplaires, l'apparence de ces fragments trahit une origine osseuse, voire plutôt cartilagineuse, certains de ces spécimens pouvant atteindre la taille de sept à huit
centimètres de longueur.
Malgré des formes alambiquées qui rappellent celles des otolithes de mammifères marins, dont on citera les fameux " rochers " des delphinidés, ils sont interprétés comme étant en réalité des
éléments constitutifs de la mâchoire de certains poissons, apparentés à l'aiglefin.
Dans certains cas, ces fossiles seront de tailles plus réduites, moyennes voire même fortement anecdotiques.
Ainsi que signalé, il reste peu probable qu'un amateur attentif les rate, pour peu que le sol sableux soit sec.
La forme de ces fossiles est variable en fonction de leur espèce, à moins qu'il ne s'agisse que d'une seule et même variété, mais à différents stades de croissance.
Ni la taille de ces spécimens, ni leurs quantités ne vous permettront de remplir vos boîtes d'échantillons.
Loin s'en faut.
Melanogrammus conjonctus, support de mâchoire de poisson indéterminé, sables d'Oorderen, Pliocène supérieur, port d'Anvers, Belgique.
Lors d'une sortie ultérieure, je fis également une découverte très semblable.
Toutefois, le lecteur attentif remarquera que la luminosité était moins favorable, de même que la présence de multiples fragments de coquilles rendait la découverte moins évidente.
L'allure générale reste malgré tout similaire.
Ce que confirma l'examen sous toutes les coutures.
Ce genre de trouvaille est suffisamment rare pour que le spécimen ait justifié de lui consacrer quelques clichés supplémentaires, histoire de se familiariser avec la forme d'ensemble.
Quelques clichés, avons-nous dit...
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