Mistral ou tramontane ?
Je ne le savais pas précisément, mais cela n'avait pour moi aucune espèce d'importance !
Le spectacle de cette vigne balayée très violemment m'attirait pour une toute autre raison : elle avait été fraîchement retournée, défoncée en une profondeur suffisante pour que je puisse espérer
y effectuer une prospection fructueuse, du moins dans sa partie haute.
L'inconvénient de ce type de recherches, si je commets l'imprudence de la comparer aux classiques plaines de sables du Pliocène supérieur anversois, est qu'une fois engagé dans une rangée,
il devenait malaisé de la quitter pour la suivante sans la parcourir sur toute sa longueur.
Puisque l'expérience m'avait appris que seule la partie la plus haute était riche en nodules, descendre chaque ligne jusqu'à son extrémité me semblait être un effort inutile et une perte de
temps, cette denrée étant rare et précieuse eu égard au nombre de sites que je souhaitais visiter, surtout en comparaison avec notre séjour de vacances qui restait par nature limité à
quelques petites semaines.
D'un autre côté, interrompre l'examen d'une rangée pour passer immédiatement à la suivante, en repartant en sens inverse, supposait que je me faufile avec prudence entre les plants de
vignes, ce que je ne faisais que rarement et avec une certaine répugnance.
Bien entendu, il y avait le fait que j'étais encombré de mon matériel photo - le numérique systématiquement rangé dans son sac tenu en bandoulière - ce qui rendait l'opération délicate, car
encore fallait-il trouver une trouée entre les plants qui soit suffisamment grande pour mon passage.
En outre avais-je un sentiment particulier, le devoir de respect à l'égard du travail du vigneron, de manière telle que, même avec toutes les précautions d'usage, cette technique me paraissait
peu orthodoxe et à éviter dans toute la mesure du possible.
Pourtant, je savais que j'allais avoir à y sacrifier de temps à autre, si le besoin des découvertes s'en faisait sentir.
Car l'appel de cette vigne était vraiment trop pressant...
La nuit n'était pas près de tomber, mais les sautes de vent accentuaient l'impression de froid, une sensation très étrange et pour le moins anachronique dans le Midi, en plein mois de
juillet.
Mais je n'allais par tarder à oublier ces menus détails !
Impossible - vous en conviendrez - de rater ce genre de trouvailles.
Mais ce n'était que le début d'une longue série.
Et il en sortait de tous les côtés, encore et encore...
(à suivre)
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