Nous parlions de chemins escarpés et ravinés, justement !
Passablement échaudé par mes dernières expériences de nodules d'apparence intéressants mais qui se révélaient fragmentés et totalement stériles, j'avais renoncé à les prendre en photos au
préalable.
Mal m'en aura pris, car quelques minutes plus tard, sans réfléchir et d'un geste devenu quasiment machinal, j'avais frappé de mon lourd marteau la roche à quelques centimètres d'une autre de ces
petites capsules temporelles créées par Dame Nature.
Quel lyrisme : encore une rechute ?
En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, le nodule avait sauté hors de sa gangue schisteuse et était retombé pour s'ouvrir en deux parties, révélant à ma grande surprise le pydidium d'un
trilobite ordovicien que je n'espérais plus.
Examinant le fossile de plus près, j'allais même être ravi des teintes particulièrement chaudes qu'il arborait.
Certes, nous étions à des années-lumière des superbes pièces ordoviciennnes complètes que l'on peut découvrir en Bretagne, en Russie ou en Suède - pour ne citer que ces exemples - mais une
telle portion d'exuvie était amplement suffisante pour faire mon bonheur.
Cette pièce se trouve encore pour l'heure parmi les reliques soigneusement emballées à l'époque, entreposées dès le retour en lieu sûr et toujours dans l'attente d'un éventuel nettoyage - pour
peu qu'il soit nécessaire, ce qui ne semble pas être le cas de cet exemplaire - et surtout d'une détermination précise.
Un Asaphidé de toute évidence, mais lequel ?
Quoique cela mérite une sérieuse vérification, sans doute avions-nous une nouvelle fois affaire à un Asaphellus frequens.
"Frequens", cela veut dire quoi encore ???
Mais puisque nous en étions à disserter sur les valeurs des sentiers et autres chemins situés ou non aux abords des vignes de l'Hérault, remarquons que l'érosion n'était pas la seule qui soit de
nature à dégager des nodules.
Pour leur recherche, même des voies carrossables - visiblement très fréquentées - pouvaient être plus que dignes d'intérêt.
Pour peu que l'on s'y attarde longuement et que l'on reste très attentif, le regard se familiarisait vite au repérage de formes ovoïdes, même éparpillées et disséminées dans la caillasse.
Avec un peu d'habitude, cela devenait vite une technique incontournable.
(à suivre)
Derniers Commentaires