Incroyable...
Deux années se sont écoulées, depuis qu'aura été découvert ce fameux " site secret " situé dans la région d'Anvers, un lieu qui fit longtemps l'incommensurable bonheur d'un grand
nombre de chercheurs de dents de requins fossiles, après que sa notoriété ait largement dépassé les frontières.
Remarquez que pour l'une d'entre elles, ce ne fut guère difficile, puisque des nuées de prospecteurs - que nous ne déterminerons pas plus avant, afin d'éviter tout incident diplomatique - la
traversèrent illico pour, comme de coutume, s'y abattre tels des sauterelles.
Malgré quelques pincements au coeur très compréhensibles, votre serviteur ne se sentit toutefois jamais concerné par cette opportunité, s'étant spécialisé au fil du temps dans le Pliocène
supérieur, et préférant de loin arpenter les terrains de sables gris connus sous le terme de " sables d'Oorderen ".
Deux années déjà, que je reçus ces mails aux commentaires excités et même dithyrambiques de Phil Fossil, qui ne tarissait pas d'éloges sur la qualité et la quantité des pièces qui pouvaient être
récoltées, moyennant un énergique tamisage.
Malgré que le nombre de mes sorties ne puisse rivaliser avec d'autres, j'avais moi-même eu quelques émotions lorsque, quasiment à la même époque, des bassins avaient soudain été totalement
comblés suite à d'importantes opérations de dragage.
Allait alors s'ouvrir pour votre serviteur une courte " fenêtre de prospection ", réduite à quelques semaines, au cours desquelles furent découvertes quelques-unes parmi les plus belles
pièces qu'il m'ait été donné de récolter.
Cette période coïncidant avec le plein essort de cette saine habitude qui m'avait fait emporter systématiquement mon appareil numérique, j'avais eu l'opportunité de réaliser quelques clichés qui
tombèrent à pic par la suite pour illustrer d'anciens articles intitulés " petite histoire d'une grande découverte ".
Malheureusement, les premiers mois de l'année dernière furent également marqués par l'hospitalisation suivie du décès de mon " maître à prospecter ", le regretté Jean-Jacques, auquel l'ami
paléontologue Jean-Loup Welcomme était venu rende viste, remontant en catastrophe du Midi de la France.
C'est au cours de ce bref séjour que j'avais eu le plaisir de véhiculer et de loger ce dernier, mais naturellement aussi de l'emmener pour une sortie dans le port d'Anvers, dont le plat de
résistance avait été ces terrains de Pliocène supérieur fraîchement devenus accessibles.
Loin de nous l'idée, lorsque nous avions observé un agriculteur occupé à ensemencer les pourtours de la zone, d'imaginer que celle-ci allait être totalement interdite d'accès une semaine plus
tard, à la grande surprise, autant qu'à l'immense déception, de celui qui sévissait déjà sur le site de Phil Fossil sous le pseudonyme de Carchadorias.
Des panneaux officiels étaient apparus, qui indiquaient que l'ensemble du site était consacré au " repos et à la reproduction " des oiseaux sauvages, de sorte que tout
promeneur ou véhicule était désormais strictement interdit.
Des clôtures suivirent quelque mois plus tard, de sorte que le respect de cette interdiction était devenu incontournable, sauf une petite anecdote que je vous narrerai sans doute un jour, lorsque
je serai certain que la prescription soit acquise.
Je ne résiste toutefois pas à vous faire tâter des conditions qui affectèrent lers quelques rares sorties de prospection dans la zone, avant qu'elle ne soit formellement interdite.
En vous priant d'excuser le caractère " brut " de ces reportages, qui relevent de mes archives personnelles - en guise de souvenir, si vous voulez - et qui n'étaient de prime abord pas destinés à
être rendus publics.
Vous l'aurez compris : certaines sorties furent tout simplement dantesques...
Mais elles s'accordaient parfaitement à la musique live du Pink Floyd dans sa meilleure époque, qui m'accompagne depuis cette même période, et dont vous aurez un bel aperçu.
Mon admiration éternelle à celui ou celle qui reconnaîtrait le passage !
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