Je vous le précise tout de suite : il ne m'appartient pas !
Et les chances qu'il ne parvienne jamais en ma possession sont infinitésimales, voire rigoureusement inexistantes.
Outre que je ne sois pas demandeur, tant cette pièce est extraordinaire et relèverait d'un musée si le dieu de l'argent n'en avait décidé autrement...
Une fois n'est pas coutume, et pour lui permettre de reprendre des forces avec toutes ses aventures rocambo-moranesques, votre serviteur vient de décider dans l'urgence de déroger à une
règle d'or du présent site, à savoir ne présenter que des photos originales.
Seulement voilà, à circonstances exceptionnelles, mesures qui le sont tout autant !
Je suis par hasard tombé sur des clichés que j'avais enregistrés plusieurs années auparavant, qui datent de l'époque éloignée où je suivais les ventes d'un site nommé
buriedtreasurefossils.
Nul besoin de traduire, je présume...
Parmi les pièces présentées, les dents de requins y rivalisaient de beauté et de rareté, le genre de petites merveilles de qualité que votre serviteur - encore lui - est incapable de s'offrir,
outre qu'il aura déjà longuement explicité sa préférence pour des reliques flamandes, certes un peu moins miraculeuses, mais mises au jour par ses propres petites mains wallonnes.
Néanmoins, j'étais resté en admiration devant cette présentation d'une plaque fossilifère, constituée d'un fragment rocheux qui offrait la caractéristique remarquable d'être ornementé d'une
accumulation de dents du requin de l'espèce disparue Cosmopolitodus hastalis.
C'est une pièce que des rêves fous d'amateur seraient presque incapables d'imaginer, tant découvrir un tel fossile relève du miracle paléontologique, au même titre d'ailleurs que la mâchoire
complète de Carcharodon carcharias qui vous fut présentée en guise d'illustration d'un article commis par votre serviteur - toujours lui, décidément - sur les origines du Grand
Requin Blanc.
Convenez avec moi qu'il y a vraiment de quoi saliver...
Point de sérulation dans le cas présent, mais une accumulation de dents de grande taille, qui ne peuvent qu'être très vraisemblablement les restes d'un même animal.
Cet ancêtre du requin Mako provient d'une région désertique de Sacaco, au Pérou.
La dalle, découverte en novembre 2004, avait été présentée sur le site de vente comme ayant été extraite par une équipe internationale, (comprenez " pas des locaux "), et exportée vers
l'Europe.
Les dents étaient encore en place, sans avoir subi la moindre altération, mais couvertes totalement ou partiellement d'une fine couche de matrice.
Elles devaient dès lors pouvoir être dégagées moyennant un travail sommaire.
Autant le dire, en un mot comme en cent - mille, nous sommes dans le domaine de la paléontologie, où les échelles sont plus importantes - une "pièce de musée".
L'ensemble pèserait la bagatelle de 90 kilos, mesurant 2,5 mètres sur 1,5 mètre, sa surface ne comportant pas moins de 65 dents, sans compter ces excroissances bulbeuses de la matrice
qui indiquent des dents sous-jacentes.
Une telle merveille, à tomber raide mort, était garantie 100 % originale.
Elle fut donc entre-temps vendue, sans que le moindre détail de cette transaction, - pour peu que le prix ait vraiment été un " détail " -, ne soit connu depuis lors.
Remarquez l'émail des dents, généralement de couleur gris-bleue, ou caramel avec des racines blanches.
On ose à peine imaginer le plaisir qu'aura été le nettoyage d'une telle pièce.
Ou le résultat final...
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