Vous vous souvenez ?
Mais si, ce nodule ordovicien que nous vous avions proposé voici presqu'une dizaine de jours !
Même que j'avais honteusement tenté de vous fourvoyer en suggérant que sa forme allongée pouvait trahir la présence d'un trilobite quasiment complet, d'autant plus appréciable que je
rappelais dans le même temps combien ce genre de découverte était rarissime dans l'Hérault...
Evidemment, beaucoup d'eau aura coulé sous les ponts depuis la publication de cet article.
Je dirais même que, comme dans certains événements au retentissement mondial, il y a parfois dans notre domaine des bouleversements tellement radicaux qu'on peut parler d'une
époque "avant" et d'une autre "après".
Abordant dès lors notre période post-palaisfossiledepoissonsparus, reconnaissons que certains de nos lecteurs seront désormais légitimement en droit de penser qu'avec votre serviteur, il
faut s'attendre à tout en matière de trouvailles.
Toutefois, point de pièce miraculeuse cette fois-ci, quoique le nodule dont question n'en était pas totalement dénué d'intérêt :
En l'occurrence, cette énigme révèle une curiosité sur laquelle je n'aurais pu longuement disserter sans recourir à la documentation d'usage.
Histoire de conserver autant que faire se peut une once de crédibilité à cette rubrique !
A ma connaissance, il n'existe pas - encore ? - de livre intitulé "Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les trilobites sans jamais oser le demander".
Mais votre serviteur aura heureusement accumulé au fil des années un nombre appréciable d'ouvrages traitant de ces spectaculaires bestioles, dont la lecture permet de se rendre compte de ce
que ce sont des Arthropodes particulièrement bien connus dans leur anatomie, leur milieu de vie de même que pour leur processus de croissance.
Toutefois, et d'une manière paradoxale, ce sera dans une oeuvre consacrée aux généralités, les "Principes de Paléontologie" de Claude Babin (Armand Colin, Paris, 1990) que j'aurai trouvé
des informations concrètes qui me permettent d'avancer une tentative d'explication avec un minimum de sérieux et de rigueur.
Ainsi, ce professeur survole les phénomènes de reproduction et de croissance, en précisant qu'ils peuvent être liés à divers aspects comportementaux, tels que les phases d'exuviation (mues) des
trilobites, dont les modalités exactes ont pu être reconstituées.
Faisant comme l'auteur référence à l'étude de McNamara & Rudkin, suggérons que notre nodule pourrait être la trace fossile de deux segments thoraciques emportés par un Asaphidé lors
de son opération de croissance, pour avoir sans doute été égarés immédiatement après celle-ci.

Claude Babin, "Principes de Paléontologie", page 96, Armand Colin, Paris, 1990.
De même notre précédent nodule, qui présentait les restes fossiles d'une librigène ("joue libre" faisant partie du céphalon) de trilobite Asaphidé, répond-t-il certainement à cette
hypothèse d'une trace de mue préservée dans le sédiment.
Mais après cet alibi culturel, revenons à une autre de nos énigmes.
Alors...
Fossil...
Or not fossil ?
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