Cela faisait bien longtemps....
L'association d'amateurs dont je fais partie depuis plus d'un vingtaine d'années vient de renouer, au milieu du mois de septembre, avec une activité qui était quelque peu tombée en léthargie.
C'était pourtant devenu une véritable tradition, que d'organiser pour notre rentrée académique un
barbecue, lequel avait fini par devenir quasiment incontournable.
Dès le mois de septembre de l'année 1990 en effet, une promenade de prospection se déroulant dans ma région s'était soldée, malgré un temps plus que maussade, par une soirée
improvisée à mon domicile, dont l'expérience avait été jugée tellement positive que votre serviteur avait décidé de la renouveler l'année suivante.
Je suis à cet égard extrêmement mal placé pour émettre de longs commentaires dithyrambiques en la matière, puisque c'était moi-même qui avait proposé d'assumer seul une telle activité dans mon
jardin, ce dont je crois m'être fait l'écho auparavant.
Au fil des ans, cette réunion aux accents très "bon enfant" s'était imposée d'une manière presque naturelle, par un second essai réussi qui avait confirmé l'intérêt de la première, suivi d'autres
qui allaient devenir d'autant plus savoureux que la nouvelle maîtresse de maison avait entre-temps pris les rennes, élevant elle-même les rites de la convivialité au rang de passion, voire -
n'ayons pas peur des mots - de sacerdoce.
L'occasion venait à point chaque année, pour les nombreux membres de se retrouver ainsi après une longue interruption pour cause de
grandes vacances, histoire de se raconter par le menu les derniers souvenirs des tout récents voyages, dans des contrées proches ou parfois très lointaines, et souvent par ailleurs
très insolites.
Ceci résultait notamment du fait que notre association comptait parmi ses membres actifs des personnalités d'horizons et de centres d'intérêts très divers, dont les moindres n'étaient pas
des spéléologues faisant partie de hautes autorités en la matière sur un plan international, pour lesquelles un réseau karstique comme celui de l'île de Cuba était une expédition
incontournable.
C'étaient également les membres du groupe Lave, au nom plus qu'approprié, dont le moins que l'on puisse dire est qu'ils se tenaient constamment prêts à partir sur le champ pour un quelconque
recoin de la planète, pour peu qu'une éruption imminente ou en cours leur fut annoncée.
Cette année toutefois, votre serviteur aura une nouvelle fois décliné l'invitation à organiser cette activité, ce qui résultait moins d'une lassitude après autant d'éditions, que du
traumatisme lié à la perte successive de quelques-uns de nos plus éminents membres, parmi lesquels l'épouse de notre président, l'un de nos administrateurs les plus actifs, puis ce grand et
vieil ami qui m'était cher, sans la présence duquel je concevais difficilement ce genre d'activité.
Notre groupe s'orientait dès lors vers une seconde année de disette, lorsque ce même président m'avait informé qu'il entrevoyait une nouvelle ouverture : une manifestation du même ordre, qui serait organisée dans le prolongement d'une promenade géologique, et qui se tiendrait dans la propriété de campagne d'une
de nos membres, une charmante demeure située dans la région de Merbes-Le-Chateau, non loin de Binche.
En cette matinée du dimanche 13 septembre dernier, j'avais dès lors résolument pris la direction du lieu de rendez-vous, confiant que j'étais dans mes capacités de m'orienter
utilement sans tous ces artifices modernes, dont je m'étais bien passé pendant cette dizaine d'années au cours de laquelle mon ancienne profession m'amenait à déambuler sur les routes
de notre petit royaume.
Mais le trajet n'avait finalement pas été sans émotion de dernière minute pour votre serviteur.
Il faut dire que j'avais pris la malheureuse initiative de m'engager dans un itinéraire original et quelque peu improvisé, que je n'aurais sans doute jamais choisi si j'avais pris la peine de
repérer soigneusement ma route au préalable.
Au fur et à mesure que le temps passait, et que l'heure du rendez-vous approchait, j'avais commencé à déchanter : la traversée de la périphérie de Charleroi s'était révélée beaucoup plus
compliquée de mes estimations les plus pessimistes, et la progression sur des routes nationales, rectilignes mais dangereuses, s'était avérée parsemée d'embûches.
Pendant un long moment, j’avais même fini par nourrir de sérieuses angoisses, celle de me faire remarquer en me présentant au lieu de rendez-vous comme l'inévitable retardataire, celui qui
arrivait sur place alors que le quart d'heure académique était largement entamé.
J'avais donc cru devoir chèrement payer mon manque d'entraînement, et l’absence d’un instrument que tout le monde semble posséder à l’heure actuelle - le GPS pour ne pas le nommer - jusqu'à ce
que je n'arrive miraculeusement près d'une écluse en m'apercevant avec grand soulagement qu'un petit groupe très reconnaissable était seulement occupé à se former.
Notre président lui-même n’était d'ailleurs pas présent, précisément occupé qu'il eût pu être à tenter de me joindre par téléphone, avec un soupçon d'inquitétude. J’allais apprendre plus
tard que cette absence était justifiée par une très noble cause, les préparatifs de la seconde partie de la journée.
Mon honneur de secrétaire perpétuel de l'association était sauf, mais cela n'allait pas être la seule raison de nourrir soulagement et satisfaction, car le temps de rejoindre les premiers
participants, je m'étais vite aperçu qu'il en arrivait encore de toutes parts.
Mes difficultés d'orientation n'étaient pas les seules qui aient été rencontrées, malgré les techniques dont semblaient disposer les autres.
Autour du petit noyau de base s'affairait déjà notre guide du jour, qui avait positionné son matériel didactique.
(à suivre)
Derniers Commentaires