La taille, vous la connaissez...
Puisque j'ai déjà publié récemment un cliché de ce même spécimen entouré de ma main - gauche, une fois n'est pas coutume - mais encore faut-il préciser qu'à cet endroit, un tel pygidium de trilobite ordovicien, asaphidé certainement, Paramegalaspis sans doute, n'avait rien d'exceptionnel de par ses dix centimètres dans la plus grande longueur.
Toutefois, un examen attentif allait immédiatement refréner mes ardeurs du début, l'évidence même étant qu'il était resté exposé pendant trop longtemps aux intempéries, l'une d'entre elles et non des moindres étant précisément ce soleil assommant qui se postait chaque jour de l'été très haut dans le ciel, dès le début de l'après-midi, rendant la prospection sur cette petite falaise particulièrement pénible, voire presque suicidaire.
Cette mince pellicule, c'était sans doute tout ce qu'il restait de la carapace elle-même, une fine couche de limonite dont l'aspect poussiéreux avait laissé la place à une pelade aux écailles fort peu esthétiques, tandis que toute tentative de récupération - fût-ce simplement du moule interne - était ridicule compte tenu des nombreuses fissures qui le traversaient sur toute la longueur du lobe central.
Devant une telle adversité, je m'étais donc contenté de prendre quelques clichés, laissant cette pièce vouée à son destin irrémédiable, dont je n'aurais pas l'indécence de hâter la fin.
Au demeurant, je n'avais pas grimpé jusqu'à cet endroit à des fins de prospection, mais pour profiter d'une quiétude telle qu'on en trouve rarement de nos jours dans une vie trop trépidante.
Un regard à droite...
Un autre à gauche...
Et devant moi, installé le dos au mur schisteux, ce que j'étais venu contempler de longues minutes, dans un but précis peu paléontologique et que j'étais à des années-lumière d'imaginer à peine quelques années auparavant...
(à suivre)
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