Tout restait à faire...
Une fois le grand trilobite ordovicien extrait de la falaise et délicatement posé sur l'amoncellement de schistes, nous avions pris la liberté de marquer une courte pause, histoire de reprendre nos esprits et surtout des forces, à tout le moins mentales.
Au risque pour mon amour-propre d'en prendre un sérieux coup, je dois convenir qu'une des contributions majeures de l'ami paléontologue Jean-Loup aura sans doute été de me suggérer une étape que je n'avais nullement envisagée dans un tel processus : entourer l'ensemble rocheux d'une bande collante, de manière à resserrer autant que possible ce qui paraissait être prêt à se fissurer sous le plus léger choc, voire au moindre regard trop brutal.
Heureusement, c'était précisément le genre de matériel que j'emportais en vacances d'une manière régulière, tant les utilités ne lui manquent pas.
Mais nous ne pouvions nous en contenter, nous disait également notre spécialiste que j'aurais d'autant eu mauvaise grâce à détromper que j'étais d'accord avec lui, fort soucieux de mettre toutes les chances de notre côté.
Et, comble du bonheur, il me restait du plâtre !
Sous le fallacieux prétexte de poursuivre mon reportage photographique, j'avais alors laissé le scientifique et son jeune apprenti, l'inventeur du spécimen, poursuivre les opérations de sauvetage. L'affaire allait même tourner en une véritable démonstration de la part du premier nommé, puisqu'il allait définitivement prendre les choses en main en sacrifiant une vieille serpillière qui traînait dans sa voiture.
Déchirée en deux longues bandelettes, avant d'être plongée dans le plâtre, elle devait permettre de parfaire le travail de consolidation de la face inférieure.
Pour ceux qui ont déjà subi une telle épreuve, en qualité de victime ou de simple accompagnateur, cette étape n'allait pas sans rappeler les bandes de plâtre qui sont utilisées dans les services d'Urgences des hôpitaux, le genre d'accessoires qu'il m'était arrivé d'observer avec envie sans trop oser avouer au praticien la destination que j'aurais aimé leur donner dans une autre vie.
(à suivre)
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