Je l'avoue !
C'est vrai qu'elle était toute pourrie, ma dernière énigme...
Je le savais dès le départ, au moment même où je la rédigeais à la hâte.
Et dire même que je l'inventai "sur un coup de tête" ne signifie pas forcément que j'y avais beaucoup réfléchi.
La preuve en est qu'elle ne suscita hier aucune réaction généralement quelconque, notamment auprès de mes deux plus fidèles commentateurs, que je ne nommerai pas puisqu'ils se reconnaîtront,
et que les autres auront peut-être un sursaut d'orgueil en se précipitant pour une fois sur la fonction ad hoc.
Mais je me trouve maintenant dans l'obligation de vous la dévoiler, au cas - certes improbable - où elle aurait intéressé quelqu'un.
Autant s'en débarrasser tout de suite avant de passer au plus vite à autre chose...
Reprenons donc cet article, sur les oursins de Lixhe encroûtés dans le silex, à l'endroit précis où nous l'avions laissé.
Cela me gêne un peu, une fois n'est vraiment pas coutume, de présenter une photo déjà publiée, mais c'est pour les besoins de la cause.
Alors ?
Ne maintenons pas le suspense plus longtemps, pour peu qu'il en ait jamais eu un : ce qu'il fallait remarquer était bien évidemment cette curieuse petite tache d'un rouge vif, sur la portion
droite de l'oursin.
Votre serviteur bénéficiait certes d'un avantage décisif sur le moment, à savoir le fait que cette anomalie était en progression très rapide, de sorte que l'attention ne pouvait qu'être
immédiatement attirée, outre que l'expérience du campagnard que je suis ne me laissa aucun doute sur la nature de la chose en mouvement.
L'intrus était un animal qu'on pourrait considérer comme anachronique, sachant que la séance de prises de vues était effectuée en plein milieu du mois d'octobre, car constitué d'un acarien connu
sous le nom d'aoûtat.
N'ayant pas la phobie des araignées, auxquelles cette bestiole - à la mauvaise réputation - ressemble quelque peu à défaut d'un examen plus attentif et aussi en raison de sa petite taille, je me
contentai pour ma part de la photographier.
Convenez que sa couleur remarquable tranchait à point sur la surface, d'une blancheur crayeuse, qu'elle était occupée à parcourir à toute vitesse.
Elle n'avançait toutefois pas suffisamment vite pour échapper à votre serviteur, malgré la nécessité de quelques rapides et indispensables réglages.
Remarquez qu'elle faillit bien y parvenir...
Mais pour satisfaire à mon obligation légale d'insérer un minimum de trois mots à caractère culturel dans chacun de mes articles - un quota que j'essaye tant bien que mal de maintenir - je
préciserai donc que les aoûtats (ou aoutats) sont des acariens faisant partie de l'embranchement des arthropodes.
Ils appartiennent plus exactement à la grande classe des arachnides, et font partie de la sympathique famille des Trombiculidae.
Vous voudrez bien noter que j'ai même largement dépassé mon quota, cette fois.
Sauf erreur de ma part, j'ai donc l'honneur de vous présenter un exemplaire non fossilisé de Trombicula autumnalis.
Un animal qu'il vaut mieux d'ailleurs ne pas fréquenter de trop près, malgré sa taille infîme de deux à trois millimètres, car ses piqûres peuvent provoquer de sévères démangeaisons pendant
plusieurs jours.
Bref : voilà une énigme que certains n'auront même pas vu passer...
La bestiole non plus, d'ailleurs.
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