Suite.
Et sûrement pas fin !
Car je suis d'un naturel exigeant.
Très...
Un éternel insatisfait même.
Heureusement pour mon entourage immédiat, cette dérive perfectionniste profondément ancrée chez votre serviteur n'est poussée à son paroxysme que lorsqu'elle n'impose des obligations draconiennes qu'à moi-même.
Et tant qu'il s'agit de ne prendre que sur ma propre personne, je ne lésine jamais sur les efforts, quelle que soit la dureté de la tâche, jusqu'à ce que j'obtienne pleine et entière confiance dans le résultat.
Pour cette pièce, je n'étais pas très heureux de la première ébauche, telle que vous la vîtes auparavant.
Un certain malaise m'avait très vite envahi, d'avoir placé cette quadruple vitrine sur le côté droit de l'entrée, précisément à l'endroit où se tenait le mur de vieilles briques le plus homogène, le mieux préservé et - en toute logique - le plus esthétique.
Cacher partiellement cette valeur sûre n'avait dès lors aucun sens, de même que le fait de disposer l'ensemble à un endroit qui obligeait le visiteur à le contourner afin de prendre un minimum de distance pour en apprécier la vue.
J'avais donc vite décidé de tout inverser !
Vous connaissez sans doute l'expression : "Faire et défaire, c'est toujours travailler".
Sans aucune hésitation, mais en maudissant ma première impulsion, j'avais vidé les vitrines à peine stabilisées, en vue de les emmener vers le mur de gauche.
Pour anticiper les éventuelles questions de certains sur le modus operandi, je précise qu'il me suffisait de faire pivoter chacune d'entre elles sur ses pieds, alternant celui qui reposait sur le sol de manière à ce que les autres progressent dans la direction désirée.
Même manoeuvrant seul, cette tâche n'était pas insurmontable, nonobstant le fait que chaque pièce était assez volumineuse, et fragile dans sa rigidité, pour que je n'effectue cette opération qu'en prenant tout le temps nécessaire.
Sous la lumière du flash, la délicate entreprise promettait d'être mémorable.
Tandis que le vieux luminaire halogène en fin de parcours n'apportait au contraire qu'un halo insuffisant.
Après un temps que je suis incapable a posteriori de préciser, l'inversion avait été finalement accomplie, et les vitrines sommairement ré-achalandées.
Mais vous devez imaginer déjà que cette courte semaine sera mise à profit pour l'achat de deux nouvelles vitrines, identiques aux quatres ci-dessus, qui viendront les compléter de part et d'autre pour former un ensemble de plus grande taille.
Le nouveau luminaire avait déjà été positionné au sol, dans l'attente.
A chaque jour suffit sa peine...
Pour me reposer sur mes lauriers péniblement acquis, je m'étais alors offert un petit plaisir : installer quelques-uns de mes précieux bouquins, en profitant d'une petite niche creusée dans le mur lors de la construction de la maison - du moins je le suppose - et que j'avais aménagée à cet effet plusieurs années auparavant.
Une documentation prestigieuse dans laquelle trônent Capetta, Piveteau, Pomerol, Whittington, Moore et Fortey.
Entre autres.
Un petit sentiment de satisfaction commença alors à m'envahir...
J'étais "dans le bon"...
To be continued...
Derniers Commentaires