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  • Passionné de fossiles, de musique, de livres, de photos, de sciences, d'aviation. Mais ce n'est dans un ordre, ni chronologique, ni de préférences. Allez y trouver une logique ! Moi-même, j'ai renoncé depuis belle lurette...

Les écarts de carchadorias

Pensée du jour

Argent gagné facilement

Samedi 24 avril 2010 6 24 /04 /Avr /2010 07:14

  

 

 

Les habitués les reconnaîtront sans doute...  

 

Au risque de faire maladroitement dans le "réchauffé", je vous propose de jeter un coup d'oeil à quelques-unes de ces dents de requins fossiles, qui furent présentées en d'autres temps in situ, mais qui ne peuvent décemment pas être laissées dans l'ombre.

D'une part, parce que je me rends compte qu'il est devenu urgent que je finalise de nouveaux albums, histoire de diversifier les plaisirs. Toutefois, ce récent constat implique que je complète d'abord ceux qui existent maintenant depuis de nombreux mois, fût-ce simplement par les découvertes faites lors des dernières sorties de l'année passée.  

D'autre part, parce que ces spécimens - entretemps séchés, voire traités à l'huile de paraffine - attestent de ce que des dents récoltées au cours d'une seule et même sortie, et sur un unique terrain de prospection, peuvent se révéler relativement différentes.

Ces divergences semblent d'ailleurs à elles seules justifier le fait que votre serviteur prenne systématiquement la peine de prélever des échantillons de sable lors de chaque trouvaille intéressante.

Certes, je dois paradoxalement avouer que je reste moi-même quelque peu sceptique sur la pertinence réelle d'une telle démarche, parce qu'il me paraît rigoureusement incertain que les quelques dizaines de grammes récoltées à l'endroit précis où se trouvait le fossile doivent nécessairement provenir de la couche dans laquelle ce dernier se trouvait à l'origine.

Rien ne permet en effet d'exclure que les particules de sable ne se déplacent dans l'environnement liquide, à l'intérieur du pipeline, à une autre vitesse et à un rythme très différent que les objets plus lourds, tels que les éventuelles dents de requin.

Et c'est par ailleurs sans compter sur le fait que le lieu où ces sédiments aboutissent peut lui-même faire l'objet d'un remaniement important, par exemple par le travail des bulldozers chargés d'étaler cette masse sur une plus grande surface.

A l'inverse, le processus de dragage étant - je présume - lent dans sa progression, et celle-ci restant - j'imagine - horizontale, il me semble crédible d'espérer que les échantillons prélevés à l'endroit de la découverte correspendent malgré tout d'une manière assez précise à la couche d'origine, celle dans laquelle reposait le spécimen ayant fait mon bonheur lors de la sortie.

Peut-être une future étude approfondie de ces sables permettrait-elle de vérifier la chose, sachant qu'un souci de cohérence me fait conserver les fossiles en les rassemblant par site, de manière à pouvoir effectuer par la suite des comparaisons sur les "qualités" respectives, disons plutôt les caractéristiques, de chacun d'entre eux.

Un fichier informatique précis devrait être bientôt réalisé à cet égard, qui permettra de replacer toutes les pièces dans leur contexte chronologique, de même que de les situer dans les différentes zones de collecte, ce qui n'est pas une mince affaire en raison du nombre d'années de "spécialisation" dans le Pliocène supérieur, et de la succession de sites qui furent exploités, avant d'être abandonnés pour d'autres en raison de l'avancement des travaux du port.

Autant dire qu'en contemplant mes petites flacons soigneusement étiquetés, j'éprouve parfois des doutes.   

La question reste ouverte, que je laisse à votre réflexion et à vos éventuelles remarques !

Mais prenons donc un exemple.

Les deux premières dents de Cosmopolitodus Hastalis qui sont présentées ci-dessous furent découvertes quasiment au même endroit, à quelques mètres près : leur état de conservation, à savoir leur éclat et cette relative "fraîcheur" semblent indiquer qu'elles proviennent des mêmes sédiments, de sorte que je peux anticiper que l'examen des échantillons de sable prélevés lors de ces deux découvertes apparaîtront comme très semblables.  

 

DSCF2564.JPG

Cosmopolitodus hastalis, dent de requin (vue labiale), sables d'Oorderen, Pliocène supérieur, port d'Anvers, Belgique.

 

DSCF2565.JPG 

Cosmopolitodus hastalis, dent de requin (vue linguale), sables d'Oorderen, Pliocène supérieur, port d'Anvers, Belgique

Hauteur : 47 mm 

DSCF2572.JPG 

Cosmopolitodus hastalis, dent de requin (vue linguale), sables d'Oorderen, Pliocène supérieur, port d'Anvers, Belgique

 

DSCF2573.JPG 

Cosmopolitodus hastalis, dent de requin (vue labiale), sables d'Oorderen, Pliocène supérieur, port d'Anvers, Belgique 

Hauteur : 40 mm 

Par contre, le spécimen ci-dessous, pourtant découvert lors de la même sortie, fut trouvé à un endroit plutôt éloigné des deux premiers et sur une surface fort différente, outre qu'il apparut sensiblement plus terne après séchage.

Je suis donc prêt à parier qu'un examen minutieux du sable prélevé à cette occasion pourrait révéler une nature très différente.

Sachant que ce genre de vérifications ne sera pas effectué avant plusieurs années, le suspense restera donc entier...

 

DSCF2568.JPG

Cosmopolitodus hastalis, dent de requin (vue labiale), sables d'Oorderen, Pliocène supérieur, port d'Anvers, Belgique 

 

DSCF2570.JPG 

Cosmopolitodus hastalis, dent de requin (vue linguale), sables d'Oorderen, Pliocène supérieur, port d'Anvers, Belgique 

Hauteur : 57 mm 

Une dernière précision utile : la conservation des échantillons se fait au moyen de trois flacons différents, soit une réserve "principale" destinée à être préservée à long terme - au cas où cela intéresserait un jour des scientifiques - et deux récipients de taille plus réduites, ces derniers étant seuls susceptibles de faire l'objet de ces vérifications à moyen terme.

Une saine et prudente redondance... 

 

PS y aurait-il un "arénologue" parmi vous ?

 

 

Par carchadorias - Publié dans : LES IMAGES DU JOUR - Communauté : Les fossiliens
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