Je fais modestement appel à l'équipe...
Lors de mes prospections de cette année, pour aussi aléatoires qu'elles furent, j'aurai à plusieurs reprises tenté de faire contre mauvaise fortune bon coeur, par exemple en me consacrant à ces spécimens que je laissais scandaleusement de côté depuis plus d'une décennie : les fossiles d'une taille inférieure au centimètre.
Comme je l'avais exposé auparavant, les longues promenades dans les sables d'Oorderen ont ceci de particulier qu'elles se font "à hauteur d'homme", contrairement au grattage méthodique du gravier de base du Kattendijk auquel sacrifient la plupart d'entre vous.
Attaquant leur couche à bras le corps et pour peu qu'ils soient équipés des tamis adéquats, voire même qu'ils disposent d'une source d'eau à proximité, les chercheurs peuvent ainsi espérer ramener des sédiments pré-triés, lesquels pourront alors faire l'objet d'un seconde examen, minutieux et au domicile, avec dans certains cas des espoirs de trouvailles remarquables.
Nulle possibilité de cet ordre pour votre serviteur, qui doit se contenter dès lors de l'une ou l'autre massive dent de Cosmopolitodus hastalis ou de Carcharodon carcharias.
Quelle galère !!!
Néanmoins, la fatigue venant - de plus en plus vite d'ailleurs - l'habitude m'est venue de me mettre à quatre pattes, et de progresser à vitesse très réduite, à ras le sol, dans l'espoir un peu contraint de faire l'une ou l'autre belle découverte.
"Tu dois chercher du petit", me disait à cet égard obstinément mon vieil ami Jean-Jacques, dont la mémoire me hante encore à chaque sortie.
Cette nouvelle technique m'aura valu quelques émotions, comme celle de me retrouver nez-à-nez - c'est le cas de le dire - avec un énorme bouledogue, la surprise ayant été d'autant plus grosse que je porte toujours ce casque audio qui me distille dans les oreilles, à longueur de sortie, tous les concerts - ou presque - que le groupe Pink Floyd ait pu donner dans sa longue carrière.
Néanmoins - enfin, c'est une expression, puisque ce dernier me fut laissé pour l'occasion, par ce molosse au demeurant peu agressif - j'aurai mis la main sur quelques pièces intéressantes : fragments de carapace de crabes, petites boucles de raie ayant parfois conservé leur épine, dents de poisson, morceaux d'oursins, etc.
Une curiosité m'a cependant interpellé, qui me donne une impression de "déjà vu", sans que je puisse toutefois mettre un nom précis sur cette morphologie étrange.
Vous voyez, là.
Et bien oui, là quoi !
Comment ça, l'échelle ?
Vous ne voudriez pas que je trimbale une échelle, alors que je suis déjà à quatre pattes dans le sable, tout de même ?
Ces scientifiques, des fois, ils m'énervent...
Ma main vous suffira...
Alors ?
Bonjour, je pense qu'il s'agit de Sphenotrochus milletianus, espèce de corail vivant du miocène au pliocène. Détermination effectuée grâce à "fossiles de France et des régions limitrophes" , pages des madréporaires du miocène.
Cordialement
Michel
Merci. Je suis ridicule de ne pas avoir pensé à le consulter. Mais j'étais pressé par le temps et l'envie de reprendre les publications.
A moins que ce soit moi qui doive consulter ?