Incroyable !
Les scientifiques ne seraient d’ailleurs pas encore revenus de leur surprise.
On eût pourtant pu croire à une stupide blague du premier avril, mais il n'en serait rien.
Cette découverte daterait de l'année passée, mais la nouvelle vient à peine d'être divulguée : un photographe amateur aura réussi la performance inédite et exceptionnelle de ramener un cliché
exploitable du seul exemplaire, actuellement répertorié, de cette énigme paléontologique remarquable qui est connue sous le nom d'espèce de Carchadorias sp.
Ce reporter avait, dans un premier temps, passé les faits sous silence mais, s'étant ravisé par la suite, avait transmis le document pour examen aux plus hautes autorités scientifiques.
Il aurait toutefois souhaité conserver l'anonymat, ce que l’on comprend aisément tant il risquait de voir - pour longtemps encore - son nom associé à une découverte qui reste lourde à porter,
dans une profession d'ordinaire très sérieuse.
L’analyse approfondie du cliché aurait cependant déjà fourni quelques enseignements de première main, dont nous vous livrons la teneur ci-dessous, avec toutes les réserves d’usage, car nous
sommes dans l’attente d’une publication officielle sur la question.
D'emblée, quelques constatations préliminaires s'imposent !
Les spécialistes qui ont examiné le spécimen ont observé que le Carchadorias sp. n'aime pas l'eau, et qu’il ne semble s'y débattre que pour sacrifier à un besoin très momentané de
fraîcheur, par exemple lorsqu’il aura été longuement exposé à des conditions de canicule extrêmes.
De même semblerait-il acquis qu’il ne fréquente le milieu aquatique que d'une manière très saisonnière, à savoir au cours de ce qu'il est commun d'appeler pour le genre dont il fait partie,
l'Homo sapiens sapiens, la période des « grandes vacances ».
Toutefois, il faut remarquer qu'il parait évident qu'il soit capable de nager, mais sans doute d'une manière plutôt rudimentaire, cette fonction ne lui étant réellement utile que pour rejoindre
au plus vite la rive la plus proche.
Carchadorias sp , Homo sapiens sapiens, Poubélien moyen, Hérault, France
Des indices concordants permettent de penser que le Carchadorias sp sacrifie à cette même période au rite des grandes transhumances, un phénomène très courant chez un grand nombre de ses
congénères, quoiqu’il refuse catégoriquement de se mêler aux grands rassemblements des autres spécimens du genre.
Malgré qu'il s’agisse du seul exemplaire complet récolté à ce jour, l’étude actuellement réalisée du Carchadorias sp aurait permis d’aboutir à quelques intéressantes conclusions,
notamment par comparaison avec les espèces les plus proches, dont - en juste place - cette autre curiosité qu’est le Paleoman sp.
Nous vous livrons quelques résultats provisoires de cette autre étude.
Ainsi, il aura été observé que la corpulence du Carchadorias sp reste très largement inférieure à celle du Paleoman sp, quoique les deux espèces seraient anatomiquement très
proches, sous réserve de la protection capillaire.
Les deux spécimens étant quasiment contemporains, il n'est d’ailleurs aucunement exclu que leurs modes de vie soient compatibles, l’hypothèse étant déjà avancée qu’ils puissent se côtoyer
de temps à autre, pour satisfaire leurs besoins respectifs, voire collaborer temporairement sur les mêmes terrains de chasse.
Néanmoins, malgré cette différence anatomique importante en matière de couche adipeuse protectrice, le spécimen de Carchadorias sp - qui en est sensiblement dépourvu - semble avoir
développé une envergure importante au niveau de ses membres supérieurs, ce qui pourrait résulter de la pratique assidue de certaines activités de plein air, telle que l'exploitation récréative et
esthétique de son environnement végétal immédiat.
Une explication encore plus plausible serait la pratique intensive d'une technique d'affouillement prospectif des sols, parfois très loin du milieu d’origine, que l'on présume poursuivre
quasiment le même objectif que son contemporain cité plus haut, le Paleoman sp.
Il semble cependant que le Carchadorias sp ait également développé cette carrure inhabituelle par la pratique d'une méthode de construction des fondations de son propre habitat, qui
consiste à fabriquer sans aide mécanique un mélange homogène particulièrement lourd de sable, de gravier et de ciment, en vue de former cette matière très compacte qui a donné son nom à la
période géologique à laquelle appartiennent les deux spécimens, le Bétonnien (Poubélien moyen).
Au delà des différences anatomiques, l'étude approfondie de divers artefacts découverts dans l'antre du Carchadorias sp semble témoigner d'habitudes comportementales très différentes,
soit d'un régime alimentaire moins exigeant et de besoins ludiques sensiblement différents que son contemporain.
Si le premier paraît se contenter de proies de petites tailles, récoltées en quantités très modiques, le Paleoman sp accumule quant à lui des collections astronomiques de
trophées, qu'il conserve entassées dans sa tanière sans véritable cohérence.
Rappelons pour l’anecdote que l’on aurait découvert dans le repaire du Paleoman sp des amoncellements de reliefs de fouilles sans équivalent pour toute cette période géologique.
Les proies ramenées et les zones d’activité du Carchadorias sp semblent dès lors beaucoup plus rares que celle du Paleoman sp.
Une telle spécialisation aurait eu pour conséquence la raréfaction dramatique des terrains du premier, à l’inverse du second qui semble avoir développé une polyvalence hors du commun, qui en
aurait fait une référence parmi ses congénères fouillleurs.
En guise de conclusion, nous ne pouvons que constater le fait que le Carchadorias sp fréquente une niche paléontologique extrêmement marginale et sur une étendue dramatiquement
réduite.
Cela suffirait à justifier son classement dans les espèces à protéger, voire en rapide voie d'extinction.
![]()
si je peux me permettre une remarque: " en voie d'extinction" ? non, l'espèce que tu nous décrit a pour coutume de se reproduire! rien n'est perdu!
Eh oui, sérieux et même un éternel inquiet, de sorte que prendre les choses avec du recul (oserions-nous dire avec humour) est une réaction de défense qui permet de survivre. Disons en tout cas que je suis perfectionniste, ce qui se ressent - j'espère - au niveau des textes et des photos. Faire ce blog est en tout cas un vrai plaisir, surtout s'il y a des lecteur(trice)s receptif(ve)s.

Bonjour cher Dominique,
Après une prose aussi diffamatoire à l'encontre de certaines personnes, vous vous étonnez d'être en rapide voie d'extinction ???
Mais cela ne sera pas de mon chef, j'aime trop l'autodérision et vos proses déjantées...
Amitiés !
Phil "Fossil"
Sinon ça se saurait depuis le temps.
Tu auras du temps libre pour te rattraper, chançard va !
Je ne fais pas le poid.....OUUUUUUUPS c'est pas ce que je voulais dire, Phil, tu me crois hein, dis que tu me crois.
OH la la la la làààààààààà
ça fait combien de Ha ?
Mais juste pour voir si tu ne t'es pas trompée
Quoi qu'il en soit, c'est toujours sympa de mettre un visage sur un (sur)nom.
Mais alors, c'est qui ce bellâtre en chapeau dont la photo illustre la rubrique ''Profil'' de ton blog ? Hem ...
Je le savais !
Que je risquais d'en prendre plein la tronche.
Remarquez, après le sort subi par Paléoman, j'aurais mauvaise grâce de me plaindre.
Mais venant de la part d'Olivier.
Au moins, Violette, elle m'encourage, ELLE
M'enfin, j'ai rien dit. Sauf qu'on s'était habitué à la photo du gars au chapeau.
J'aurais pu, par exemple, parler de cette mutation typique de l'espèce Carchadorias sp., bien illustrée sur la photo, à savoir le transfert de la pilosité crânienne vers le torse, mais je n'en ai rien fait. Ah zut, je viens de le faire ! Delete, delete, delete ... M ... ça ne marche pas !
TSSS !
Non je plaisante... mais c'est toujours un réel plaisir de te lire..... même le weekend......