Quoi de plus miteux que des vitrines à moitié vides !
Après l'épreuve du déplacement des quatre "cages à reliques", vous comprendrez aisément que ma première envie fut de commencer à les remplir, quitte à ce que ce résultat soit à l'évidence perfectible.
L'avantage immédiat d'avoir organisé une exposition l'année précédente fut de vivre sur un tel acquis, à savoir non seulement de posséder de nombreuses pièces depuis belle lurette installées confortablement sur un lit de feutrine colorée, préservées dans les boîtes de Pétri en verre, et disposées sur des supports métalliques adéquats, mais aussi de pouvoir mettre en batterie les étiquettes correspondantes.
Plastifiées s'il-vous-plaît, et fixées sur d'autres supports faits du bois d'un jeu Kapla réquisitionné au fiston pour la circonstance.
Heureusement que l'intéressé n'en avait plus l'usage et qu'il m'en avait donné son accord explicite, ce qui m'évitera de me faire traiter de "père indigne".
Malgré mon empressement, j'avais tenté de rassembler quelques spécimens par sites.
Otodus auriculatus, Striatolamnia macrota et Pristis (dents et vertèbre de requin), Myliobatis dixoni (plateau dentaire de raie), sables de Lede, Eocène, sablière d'Oosterzele, Belgique.
Depuis longtemps déjà - suffisamment en tout cas pour la mémoire exacte m'en fasse défaut -, j'avais pris l'habitude de présenter quelques-unes de mes pièces fossiles en recourant aux boîtes de Pétri en verre.
Rétrospectivement, je suis même incapable de me souvenir de la première qui ait mérité un tel traitement de faveur !
Quoique...
Mais j'éprouve moins de doutes quant à mon "fournisseur" d'origine : une vielle droguerie située en plein cœur de Bruxelles, à deux pas de la place de Brouckère.
C'était le genre de commerce centenaire et aux allures vieillottes, dans lequel les tenanciers disparaissaient régulièrement derrière leur comptoir gigantesque pour s'en aller chercher dans un quelconque recoin d'arrière-boutique des produits dont vous n'imaginiez même pas qu'ils puissent exister, sauf à écouter le client exprimer une demande qui semblait extraordinairement précise autant que l'usage devait en être spécifique.
Nous ne manquerons pas de mentionner l'intérêt historique que représente le fait d'avoir bénéficié de la proximité d'un tel fournisseur, car cette pittoresque droguerie était située sur un coin de la rue principale dans laquelle étaient installés les bureaux de la grande compagnie d'assurances pour laquelle je travaillais.
A l'instar de Phil Fossil d'ailleurs.
Lorsque je donnai brutalement une "nouvelle orientation" à ma carrière, ce fut Paléoman himself qui se chargea volontiers d'effectuer un temps les mêmes transactions, sur base de mes instructions précises, jusqu'à ce que la chose soit devenue plus complexe en raison du fait que notre ami venait lui-même de faire ses adieux à ce généreux employeur.
Inutile de dire que les dents de requin qui font l'objet de cette présentation sont les plus belles, ou les plus rares, quoique d'autres trouvailles puissent à l'occasion les rejoindre, telle cette mandibule fossile de phoque qui trône en une place qui sied à son rang, parmi un otolithe et des phalanges de baleines.
Dois-je dès lors vraiment préciser qu'un palais de Sparus subira bientôt le même sort, dès que j'aurai obtenu une nouvelle boîte de Pétri aux dimensions adéquates ?
Votre serviteur vient à cet égard de trouver récemment un nouveau et diligent allié, une personne qui n'est pas étrangère à ce site.
Enfin, si.
Ou plutôt non, mais je me comprends...
Mais le cliché qui suit est également instructif car, outre des terriers fossiles de formes et de dimensions très variables, ainsi que diverses coquilles de bivalves sur bloc dont la détermination se fera en temps utile, il atteste de ce que des échantillons de sable dans le Pliocène supérieur peuvent s'avérer de teintes sensiblement différentes .
Ce qui pourrait justifier ma pratique systématique de prélèvements lors des découvertes majeures.
(à suivre)
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