Mais un peu tout de même...
Contrairement à ce que certains pourraient peut-être croire, je n'ai pas fait de Latin dans ma jeunesse...
Je n'aurai dès lors aucun scrupule particulier à trahir le célèbre proverbe des scolastiques du Moyen-Âge, que tout le monde aura traduit par la formule "Des goûts et des couleurs, il ne faut point discuter".
Là où cela me gêne beaucoup plus, c'est dans les considérations qui vont suivre, à savoir que ma récente sortie dans les sables pliocènes du port d'Anvers - aussi courte et prématurément interrompue fut-elle -, aura attiré mon attention sur cette plaie que constituent les innombrables déchets que laisse derrière lui l'être humain, quel que soit son prétendu attachement - feint ou réel -, à la cause écologique.
Ce ne sont pas ceux qui procéderont bientôt au nettoyage des célèbres sommets de l'Himalaya qui me contrediront !
Mais les visites que je rends à certains abords de docks théoriquement réservés au chargement des navires porte-container me permettent régulièrement de faire cette triste constatation : face à Dame Nature, nous sommes tous des cochons.
Tenez, la photo qui suit atteste de ce que le temps météorologique de ce dimanche matin était tellement apocalyptique que même les pêcheurs les plus acharnés de la région avaient sagement déclaré forfait.
Mais elle ne rend pas compte de ces nombreux déchets abandonnés, de toutes natures et de toutes tailles, qui gisent dans les fossés alentours, quoique l'on puisse penser que certains d'entre eux - les plus légers - n'y aient simplement été amenés par les vents.
J'avais donc rangé ma voiture, sinon avec le sentiment d'être seul, du moins d'être plus isolé que d'ordinaire.
Une silhouette dont vous commencez à avoir l'habitude...
Sous une pluie battante, que n'illustre pas ce cliché, j'avais alors entrepris ma progression, en tombant par hasard sur une vieille connaissance.
Une forme que j'avais photographiée à plusieurs reprises, au fil des saisons de ces deux dernières années, mais sans toutefois jamais oser la toucher.
Mais il était inscrit dans les astres que cette sortie était frappée de très mauvais auspices, car les trouvailles fossiles allaient se montrer des plus rares.
Jusqu'à ce que je ne rencontre un autre spectacle désagréable...
Une critique bien ordonnée commençant par soi-même, je dois avouer qu'il s'agissait selon toute vraisemblance d'une de mes anciennes rations de survie, une boisson énergisante réservée aux prospections par fortes chaleurs.
Un sentiment de honte m'envahit alors, ce genre d'abandon n'étant en principe assurément pas dans mes habitudes, car votre serviteur ramène ses détritus dans le coffre de la voiture, pour les traiter comme il se doit par la suite.
J'avais donc spontanément ramassé la preuve de ma faute passée, en vue de la réparer au plus vite !
Mais il faut croire que ma journée allait être uniquement expiatoire, puisque quelques minutes plus tard, dans le même secteur, j'allais avoir une nouvelle vision, imaginaire cette fois.
Du moins le pensais-je d'abord, malgré que la chaleur ne fut en rien à son origine.
L'ironie du sort veut toutefois que, lorsque je pris en main cette bouteille d'apparence identique à la précédente, elle se révéla totalement pleine.
Et hermétiquement fermée !
C'est alors que je me souvins de cette ancienne sortie au cours de laquelle, au beau milieu de l'après-midi, souhaitant me désaltérer, j'avais eu la désagréable surprise de m'apercevoir que j'avais perdu l'objet de ma convoitise.
Ne connaissant pas la nature des efforts subis par le liquide - gels successifs ou expositions prolongées au soleil - autant dire que je n'ouvris le récipient que pour mieux le vider, dans la ferme intention de lui faire suivre le même chemin que le précédent.
Faute avouée...
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