Comme nous vous l'avons illustré à maintes reprises, trouver des coquilles de bivalves ou de gastropodes dans les sédiments du Port d'Anvers, qu'il s'agisse des sables du Kattendijk ou de ceux du
Pliocène supérieur, reste une entreprise hasardeuse, surtout lorsque vous les souhaitez parfaitement intactes...
Les travaux de dragage et de transport en pipeline ont pour conséquence que de grands quantités de spécimens ne vous parviendront qu'à l'état de tristes fragments, à peine reconnaissables -
lorsqu'ils le sont - de sorte qu'ils ne mériteront pas nécessairement d'être récoltés.
Seules les coquilles ayant presque miraculeusement subi sans casse l'épreuve du trajet seront habituellement prélevées, à moins qu'une opportunité exceptionnelle ne vous ait permis de les
récolter quasiment in situ, ce qui était encore le cas lorsque l'accès aux travaux des Verrebroekdok et Deurgangdok avait été temporairement autorisé.
Ce qui remonte à de très nombreuses années !
En de rares occasions, le prélèvement d'une coquille endommagée pourra cependant se révéler utile, voire même une aubaine.
Ainsi aurais-je récemment remis la main sur ce spécimen, qui - sauf grossière erreur de ma part - est un exemplaire incomplet du bivalve Pygocardia defrancei.
Certes, il ne faut pas être un observateur extraordinairement averti pour s'apercevoir qu'il manque à cette coquille une portion assez importante, dans ce qui est la partie supérieure droite du
cliché.
Toutefois, ce qui saute aux yeux est plutôt cet important enfoncement de la face extérieure centrale.
Nonobstant cette cassure nette de cette valve, telle que vous la voyez sur la partie gauche, qui résulte certainement des aléas d'extraction du fossile, dont il était question ci-dessus,
l'on perçoit mal que ce soit les mêmes raisons qui aient été à l'origine d'un tel écrasement.
L'examen de la face intérieure du spécimen nous indique par ailleurs que cette anomalie trouve son exacte réplique interne, sous la forme d'une trace " négative ", laquelle a conservé une
apparence lisse et homogène.
La même, vue en gros plan.
La question se pose dès lors de savoir quelle est la nature de cet empreinte, que l'on peut qualifier de pathologique : une explication plausible me semble être une cause " accidentelle ", sans
qu'il puisse être affirmé avec certitude qu'il s'agirait d'une trace de prédation.
Tout semble cependant indiquer qu'il est possible que le spécimen ait survécu un certain temps à cette blessure.
Mais je reste modestement ouvert à toutes vos observations sur la question !
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