Comme ce fut annoncé hier, je suis retourné prospecter dans le port d'Anvers...
Autant l'avouer tout de suite, la découverte historique que j'escomptais n'aura pas été au rendez-vous, quoique la journée fut dans l'ensemble plutôt fructueuse, tant en échantillons intéressants
qu'en clichés d'ambiance qui ne manqueront pas d'être répercutés prochainement sur ce site.
Une saine alternance, je n'arrête pas de vous le dire !
Évidemment, une trouvaille comme le palais fossile de poisson Sparus restait fortement présente dans ma mémoire, votre serviteur étant encore plus attentif qu'auparavant à tout détail
inhabituel qu'il pouvait croiser sur son passage.
A la décharge de cette approche rigoureuse, mentionnons sans émotion particulière qu'elle engendre de nombreuses déconvenues puisque, lorsque votre regard aura été accroché par une forme
étrange ou une couleur curieuse, vous n'aurez pas d'autre choix que de vous baisser pour l'examiner au plus près, avec la majorité de déceptions qui s'en suivent, sans négliger votre dos qui se
rappellera à votre bon souvenir.
C'est que, voyez-vous, mes travaux d'agrandissement de la pièce d'eau vont bon train, le genre de tâche qui se chiffre en centaines de kilos de terre à prélever et à déplacer
sur des distances non négligeables.
Mais pour en revenir à cette toute récente expédition dans les sables pliocènes supérieurs de ce qui est un complexe industriel - faut-il le rappeler - ma plus grande surprise fut une découverte
plutôt anachronique.
Devant moi surgit tout à coup une forme totalement inattendue et indéfinissable.
En plein soleil de printemps, et sur cette surface totalement dépourvue du moindre brin d'herbe ou d'une quelconque flaque d'eau, ce que je contemplais était pour le moins insolite.
Si la chose inconnue se confirmait être ce que j'en pensais, c'était même incongru pour des sédiments marins vieux de plusieurs millions d'années !
Anachronique même, quoique l'on se souviendra peut-être, pour les plus fidèles d'entre vous, de cette plie que j'avais découverte encore vivante à quelques encablures de l'endroit où je me
trouvais.
Et pourtant...
Le doute n'était pas permis.
Une grenouille, plutôt sans doute un crapaud - j'anticipe déjà les commentaires d'Olivier - qui se trouvait immobile sur le sable, sinon fossilisé(e), du moins pétrifié(e) au sens
courant du terme.
Momifié(e) même...
J'arrête là ce compte-rendu qui ne se veut aucunement sordide, mais adresse une pensée émue et compatissante face au sort cruel que rencontrent parfois les batraciens et les
"batraciennes" anonymes qui peuplent notre planète.
Soyons diplomates : un petit air de ressemblance avec les Vénusiens non ?
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