Nous avions vu précédemment que le phénomène des « bootlegs » est
issu de cette vieille pratique qui consiste pour certains à enregistrer des concerts de leurs favoris, pour ensuite les répercuter sous des supports divers, qui ont évolué avec le temps, depuis
les anciens vinyles jusqu’aux fichiers informatiques, non sans être passés par les stades intermédiaires que furent les cassettes audio puis les compacts discs.
Dans tous les cas, face à cette multitude d’enregistrements live qui apparurent sur un marché « non-officiel », se posait pour le fan le problème du choix, d’autant que
plusieurs critères distincts étaient susceptibles d’entrer en ligne de compte.
C'est d’ailleurs valable pour tous les groupes : un même concert pouvait
avoir fait l’objet de plusieurs enregistrements « pirates », de sorte que les mêmes prestations scéniques pouvaient être disponibles sur différents supports, disques vinyles puis CD,
mais issus de sources très différentes et donc de qualités pouvant être plutôt variables.
D'une manière générale, pour ceux que la chose intéresserait, il convient de rechercher par préférence la mention « soundboard recording », ce qui indique une prise de son
provenant de la console elle-même, soit idéalement de la table de mixage du concert. Ce seront des enregistrements d’une origine quasiment professionnelle, ce qui est le gage d’une très haute
qualité sonore.
Il existe cependant des concerts « audience recording » - la très grande majorité sans doute - qui sont des enregistrements qui sont issus d’une prise de son effectuée par un
amateur situé dans le public même. Quoique cette source soit beaucoup plus aléatoire, certains des « bootlegs » qui relèvent de cette catégorie sont cependant d’une très bonne
tenue, mais encore faut-il les trouver !
Dans ce cas de figure, l’amateur ne pourra cependant échapper à toutes les limites et contraintes découlant d’une prise de son « publique », notamment les conversations à voix haute,
les cris et hurlements provenant de l’entourage immédiat du « bootlegger », sans compter les éventuels tirs de pétards et autres engins
d’artifice.
Evidemment, au-delà de cet aspect technique incontournable et pour ce qui concerne le contenu purement musical, tout dépendra de la prestation scénique elle-même, qui pouvait fortement varier
d’un groupe à l’autre. Certains donnèrent à chaque fois des concerts quasiment identiques, d’autres furent parfois plus inégaux.
Nombre de formations de rock délivrèrent certains sets dont on dit qu’ils furent désastreux, quoique tout fan de PINK FLOYD tel que moi le concèderait difficilement, préférant de toute
manière ne retenir que les meilleures performances !
Toujours pour ce qui concerne le contenu des prestations, certains artistes ou groupes firent peu ou prou le même concert à chaque soir, ce qui peut se révéler très pratique, car l’amateur peut
se contenter d'un « bootleg » par tournée, tandis que d'autres au contraire n’exécutèrent jamais deux fois la même chose.
Dans ce cas, le fan devient collectionneur compulsif, ce qui est fréquent dans le jazz et dans les concerts rock des années 70, au cours desquels il y avait souvent beaucoup
d'improvisations.
(à suivre)
PINK FLOYD, Live at the Hollywood Bowl, Los Angeles (22 septembre 1972)
Avant même la sortie officielle de l'album " Dark side of the moon ", le groupe entreprit la conquête des Etats-Unis, en interprétant les grands classiques de l'époque.
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