Je trouve un peu de temps de vous exposer quelques généralités sur un phénomène dont je connaissais l’existence depuis belle lurette, mais sans n’en avoir jamais vraiment mesuré, ni la nature exacte, ni l’étendue réelle.
Je veux parler des « bootlegs ».
Il est vrai que je n’y avais jamais tâté auparavant, non seulement parce que l’opportunité concrète ne s’était jamais présentée à moi, mais sans doute aussi - et surtout - parce que cette pratique comportait un indéniable parfum d’illégalité, critère assez dissuasif pour votre serviteur.
A cet égard, ayant toujours été un indécrottable naïf, je dois reconnaître qu’il me fallut un certain temps pour comprendre la signification réelle de certaines pratiques, qui par exemple sont à l’origine de l’expression « tombé du camion ».
Lorsqu’un courtier me proposa d’ailleurs, dans le cadre de mon ancienne profession, de récupérer des enceintes acoustiques dont l’origine fut désignée sous ce vocable, il me vint la réaction spontanée de refuser poliment, sur base du raisonnement qu’elles ne devaient sans doute plus être opérationnelles.
Puisqu’elles avaient fait une chute...
De bien lointains débuts dans le monde parfois obscur des assurances !
Passons !
Non : les « bootlegs », ce sont ces enregistrements de concerts, qui furent donnés par des groupes de musique rock mais discrètement enregistrés, sans accord de la part des musiciens eux-mêmes, pour être ensuite diffusés dans le cercle de leurs fans et des collectionneurs.
D’une manière générale, il peut aussi bien s’agir de témoignages audios que vidéos, de même qu’il arrive que des inédits puissent « s’échapper » des studios d’enregistrement, parfois avec la bienveillante complaisance des artistes eux-mêmes.
Cette pratique ne date absolument pas d’hier, développée qu’elle fut pendant la grande époque des disques vinyles.
Le premier bootleg aurait ainsi été celui d’un concert de Bob Dylan dans les années soixante.
Ce dernier resterait à cet égard, avec les Rolling Stones, un des artistes les plus piratés. Toutefois, le premier bootleg qui devint « disque d'or », soit 100.000 exemplaires vendus à l'époque, fut l’enregistrement live de Pink Floyd nommé « British Winter Tour 74 ».
Il faut préciser qu’il sortit dans le prolongement de l’historique « Dark Side Of The Moon », ce succès s’expliquant également par le fait qu’il contenait des titres encore inédits à l’époque, une des grandes particularités du groupe ayant été l’habitude d’élaborer des nouvelles compositions en les soumettant à l’épreuve du live avant de les finaliser sur disque.
A l’origine des disques vinyles cantonnés aux réseaux de vente « parallèles », entre-temps réédités sous forme de CD, ces « pirates » sont de nos jours devenus faciles à se procurer, tant grâce au développement des techniques actuelles de copies privées que des échanges sur le réseau Internet.
Paradoxalement, c’est un aspect important de la musique élaborée par mes « préférés » sans lequel j’ai vécu pendant plusieurs décennies, mais qui vient de s’imposer à votre serviteur d’une manière telle qu’il lui est devenu impossible de concevoir une existence future sans ces petites perles. Elles sont très rapidement devenues une composante essentielle à mon environnement sonore, notamment lors des sorties de prospection dans le port d’Anvers..
Ce qui n’est pas peu dire pour un inconditionnel de musique comme moi.
(à suivre)
PINK FLOYD, Live at Stadhalle, Vienna, Austria (13 octobre 1973).
Les compositions types qui furent jouées dans le sillage de la sortie de " Dark side of the moon ".
L'ensemble de ce dernier, précédé de quelques morceaux de la première heure, de l'incontournable pièce maîtresse " Echoes ", et suivi en guise de rappel du non moins
indispensable " One of these days ".
Toute une époque...
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