Contrairement à l'expérience qui fut décrite précédemment, les rencontres que pourraient vous occasionner les promenades de prospection dans la région d'Anvers ne sont pas toujours aussi
idylliques.
Les cas ne sont pas rares, où les seuls oiseaux que vous pouvez approcher à faible distance ne constituent plus que de macabres découvertes, telles que celles dont vous trouverez les clichés
ci-dessous. Encore peut-on parfois confirmer que, "à quelque chose, malheur est bon", puisque ce genre de trouvaille vous permettra dans certains cas de faire oeuvre utile.
En effet, une première rencontre n'avait été pour moi que l'opportunité d'une petite séance de photos, à laquelle le sujet s'était d'ailleurs prêté - je dois bien le lui
reconnaître - avec beaucoup de complaisance.
Il s'agissait toutefois beaucoup moins d'un quelconque voyeurisme sordide que de saisir un majestueux animal, qui conservait une indéniable beauté dans une mort à laquelle son ensevelissement
partiel dans le sable conférait une certaine élégance plastique.
Cependant, ce ne fut que quelques mois plus tard que, par hasard, je trouvai à nouveau le même animal, dans un état de décomposition plus avancé, toujours enseveli dans le sable certes, mais dont
certaines parties étaient mieux visibles, et notamment les pattes.
Quelle ne fut alors pas ma surprise lorsque, occupé que j'étais à une nouvelle série de clichés, je finis par m'apercevoir que l'animal n'était pas aussi sauvage qu'il en avait l'air. Ou, en tout
cas, qu'il avait brièvement croisé la civilisation humaine, dans sa composante la plus louable.
Le grand oiseau était visiblement bagué, et un examen plus approfondi me permit de vérifier rapidement que c'était à l'initiative des services du Muséum des Sciences Naturelles de Bruxelles
!
Votre serviteur ne pouvait dès lors que faire son devoir, soit vérifier quelle procédure il convenait d'utiliser dans ce genre de circonstances. Une rapide recherche permit de trouver les
instructions précises pour le signalement de la découverte, ce que je ne manquai pas de faire auprès des services compétents.
Je finis par recevoir une très officielle fiche signalétique, émanant du Muséum des Sciences Natuelles, selon les dires de laquelle le cadavre de l'animal était celui d'un "Larus
argentatus", soit un "goéland argenté" ("zilvermeeuw" ou "herring gull") de sexe mâle, qui avait été bagué à Berendrecht le 1er juillet de l'an 2000.
Soit de l'autre côté de l'Escaut, à moins de cinq kilomètres de là.
Repose en paix, bel oiseau...
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