Je ne sais pas pourquoi...
Sur le point de redescendre de notre promontoire, j'avais machinalement pris un rapide cliché d'un pan éloigné de la même falaise, ainsi que j'en avais pris l'habitude.
Pas celui-là en particulier - entendons-nous bien - mais un de ces points comme beaucoup d'autres, qu'il m'arrivait de photographier de temps en temps, sur plusieurs années d'intervalle, pour en conserver quelques images, afin d'accumuler une bibliothèque numérique sur les sites visités mais aussi sur le conseil, prodigué une Éternité auparavant, de mon ami Jean-Jacques, qui y voyait un moyen de comparaison à long terme.
Nous y reviendrons plus tôt qu'il n'y paraît.
Mais une quinzaine de mètres plus loin, de l'endroit que je venais à peine de quitter, me parvinrent à nouveau les cris du fiston.
J'aurais eu mauvaise grâce à ne pas obtempérer, soucieux que j'étais de ne pas risquer d'étouffer dans l'oeuf une nouvelle vocation éventuelle.
Convenons-en, cela en valait la peine.
A un point tel que j'allais même sortir un de mes instruments de haut de gamme, réservés aux grandes occasions car issus de la plus récente technologie moderne...
Euh, d'un peu plus près peut-être ?
Voilà que ce que j'avais dédaigneusement abandonné pour un pygidium atrophié et prolongé d'un thorax présumé trompeur se révélait être un trilobite complet, comme en attestait ce qui avait tout l'air d'être un céphalon encore en connexion.
Une grande bête, de surcroît...
Certes, la chose n'était pas évidente de prime abord, mais le contour d'un oeil semblait incontestable.
(à suivre)
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