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  • Passionné de fossiles, de musique, de livres, de photos, de sciences, d'aviation. Mais ce n'est dans un ordre, ni chronologique, ni de préférences. Allez y trouver une logique ! Moi-même, j'ai renoncé depuis belle lurette...

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LES CHRONIQUES DU MIDI

Samedi 15 août 2009 6 15 /08 /Août /2009 06:55





Coulouma au petit matin...



Le site du bout du monde !

Pour votre serviteur, il n'était pas loin de mériter cette appelation, tant l'endroit semblait calme et désertique.

Mais lorsque j'avais rejoint mon ami Jean-Jacques, j'étais sans doute resté trop préoccupé par mes derniers déboires, pour avoir pris à cette époque le moindre cliché des lieux.

Comme je m'en suis confié précédemment, n'étant à l'heure actuelle pas en mesure de numériser mes anciens négatifs, j'avais tenté de scanner quelques photos parmi celles qui me sont les plus chères.

Toutefois, le résultat m'aura finalement paru d'une telle médiocrité que je me suis décidé à reprendre les albums, et à en réaliser des copies, photographiant mes... propres photos.

Quoiqu'elles n'affichent pas une qualité irréprochable, ces vues anciennes - que j'utiliserai ci-dessous - seront donc des illustrations provisoires, un pis-aller qui me paraît pourtant indispensable, en vue d'atténuer quelque peu la sécheresse des textes.

Cette représentation du " site à trilobites " de Coulouma aura donc la double particularité d'être une photo numérique prise d'un cliché argentique, lequel aura quant à lui seulement été réalisé l'année suivante, lors de mon second séjour sur place !

A l'impossible...

Après mon arrivée, nous avions longuement papoté, de tout et de rien, puis Jean-Jacques et moi avions sacrifié à un rituel incontournable, une petite séance de promenade et de prospection matinale, histoire de se mettre en jambes.

Le site historique de Coulouma, c'était les schistes jaunes du Cambrien moyen, les plaques à grands Paradoxides, aux moyens Conocoryphes, et autres minuscules Agnostides.

Jean-Jacques m'avait sommairement initié à la configuration des lieux, puis nous avions regagné nos voitures en vue d'établir notre plan de bataille.

La chose n'était pas sans importance car, pour des raisons d'engagements professionnels, mon séjour sur place allait être extrêmement limité, de l'ordre de deux à trois jours.

Ce n'était d'ailleurs pas un hasard, car j'avais redouté d'envisager dès le départ d'allonger ce qui, dans mon esprit, ne devait rester pour moi qu'une simple expérience, un saut de puce destiné à rendre une courte visite de courtoisie à un ami, d'autant que les conditions dans lesquelles j'allais dormir - à même le siège du passager avant, à défaut d'avoir prévu autre chose - m'incitaient à la prudence...

Mais quant au menu de la prospection et au contenu des journées, totalement novice dans la région, je ne pouvais que m'en remettre à mon guide !

En vieux routier de la paléontologie locale qu'il était, Jean-Jacques m'avait énuméré et longuement décrit les différents sites à trilobites susceptibles de faire l'objet de toutes nos attentions. Outre Coulouma, il y avait celui de Ferrals-Les-Montagnes, auquel j'avais rendu une visite-commando l'année précédente, mais également Minerve, La Fraise, le Vieux Chemin de Favayrolles, Vélieux, Saint-Cels, Le Berlou, Prades-Sur-Vernazobre, le Foulon, la Maurerie, la vallée du Landeyran, autant de noms fleuris qui sentaient encore l'aventure, après le long voyage Terre-Lune que je venais d'accomplir.

S'agissant de noms de localités du Midi de la France que je ne connaissais pratiquement ni d'Eve ni d'Adam, je m'étais bien gardé d'émettre le moindre avis, a fortiori d'avancer une quelconque préférence.

Par ailleurs, mon hôte avait commencé à émettre le souhait pressant de sacrifier à certains contingences matérielles, dont la moindre n'était pas le ravitaillement.

J'eus beau lui affirmer à cet égard que je m'étais amplement pourvu de provisions en conserves, lesquelles étaient à sa disposition, je n'avais pas trouvé de réponse à son besoin le plus impératif et immédiat : s'en aller chercher du " paing ".

La chose était donc entendue : quoique le site de Coulouma serait notre "camp de base", nous devions redescendre dans la vallée.

De plus en plus inquiet face à la jauge de mon réservoir, dont le voyant de réserve avait commencé à rester constamment allumé, même en ligne droite, j'avais suivi cette monstruosité automobile qui servait à mon ami de résidence pendant les deux mois de vacances.

Nous avions enjambé le Vernazobre pour ensuite filer dans la direction de Saint-Chinian, mais à l'entrée de la ville, contre toute attente, Jean-Jacques avait sans hésitation viré vers la gauche, s'éloignant de cette station d'essence qui était celle de tous mes espoirs.

Direction : Cessenon-Sur-Orb...

Connaissait-il un autre point de ravitaillement sur la chaussée ?

Nous avions parcouru quelques kilomètres, lorsque mon guide avait à nouveau viré vers la gauche, nous amenant à passer une seconde fois le Vernazobre. Un brusque arrêt de sa voiture, juste après le pont, ne lui servit alors qu'à m'annoncer que nous allions nous enfoncer dans les vignes dans la direction de La Maurerie.

J'avais eu beau avancer l'urgence qu'il y avait pour moi de refaire le plein de ma voiture, Jean-Jacques m'avait paru trop préoccupé pour répondre à mes suppliques : cela pouvait attendre.

L'important, c'était pour lui d'accéder au site qu'il cherchait à retrouver , celui des " trilos dorés ".

Contraint de prendre une nouvelle fois mon mal en patience, j'avais longuement suivi les bonbonnes, sur des chemins de moins en moins carrossables, avec en outre cette désagréable impression naissante que mon guide  hésitait de plus en plus, lui-même ne sachant plus très bien où nous étions.

Je n'allais pas tarder à en avoir la confirmation.

Jean-Jacques finit par s'arrêter brusquement, sortant de sa voiture pour prendre, sa carte au 25.000ème à la main, une pose qui en disait long et que votre serviteur eut la réaction instinctive d'immortaliser sur la pellicule.



Cette photo allait devenir une de mes préférées.

Elle était tellement représentative de mon séjour que j'allais en faire réaliser un agrandissement, lequel trône au rez-de-chaussée, malgré que les rayons du soleil aient depuis longtemps fait leur oeuvre en ternissant irrémédiablement ses couleurs.

L'ambiance y était tellement particulière - semble-t-il - qu'un ami venu effectuer quelques travaux d'isolation dans les combles allait par la suite se lancer dans une course éperdue à la photographie artistique, en affirmant que c'était la vue de ce cliché qui l'avait décidé à se lancer dans l'aventure...

(à suivre)



Par carchadorias - Publié dans : LES CHRONIQUES DU MIDI - Communauté : Les fossiliens
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Vendredi 14 août 2009 5 14 /08 /Août /2009 07:20





Sur un parking totalement désert et situé en dehors de la ville, je m'étais enfin décidé à couper le moteur.

Sans nul doute valait-il mieux me reposer quelques instants, ne fût-ce qu'une petite heure, avant d'entamer la dernière tranche de mon périple, la traversée de Saint-Chinian et l'ascension vers le village de Coulouma.


Je m'étais recroquevillé sur mon siège, restant un long moment immobile, jusqu'à ce que, le sommeil ne venant pas - l'excitation de la conduite sur un tel trajet, probablement - j'avais fini par regarder dehors, au travers du pare-brise.

Je m'aperçus qu'entre-temps, sans que je ne m'en sois vraiment rendu compte, une grosse voiture, un ancien modèle de Talbot complètement pourrie par la rouille, s'était rangée silencieusement devant mon propre véhicule.

Rien d'anormal
...

Le soleil était levé depuis un long moment et je ne devais certainement pas être le seul voyageur, même à une heure aussi matinale !

Je m'étais à nouveau laissé doucement somnoler, jusqu'à ce que je me redresse brusquement, comme si une alerte intérieure avait sonné d'une manière instinctive : l'ancêtre auparavant rangé devant ma voiture avait disparu.

Mais le choc allait vite survenir, lorsque j'avais machinalement regardé dans mon rétroviseur : chose étrange, le même tas de ferraille était maintenant garé juste derrière moi. Puis j'allais sursauter en m'apercevant qu'un inconnu se tenait debout, face à l'arrière et à portée du coffre.

Sans aucun doute avait-il été aussi surpris que votre serviteur, de s'apercevoir que ma voiture n'était pas vide et abandonnée, mais au contraire occupée par un conducteur qui se tenait suffisamment tassé sur lui-même pour ne pas avoir été visible de l'extérieur, du moins au tout premier abord.

Interloqué voire inquiet, j'avais observé cette silhouette d'apparence jeune s'éloigner peu à peu, se retournant dans la direction de la garrigue pour faire - apparemment - mine de pisser, puis qui avait regagné son véhicule. Quelques instants plus tard, ce dernier s'était mis en mouvement et avait disparu.

Rétrospectivement, je ne pouvais qu'être soulagé, ma première expédition solitaire dans le Midi avait failli très mal débuter : l'évident enseignement de cette affaire était qu'il valait mieux ne pas trop s'éloigner de son véhicule, sous peine de risquer de ne pas le récupérer dans le même état, lors de votre retour.

Ou de ne pas le retrouver du tout, d'ailleurs !


Malgré que tout danger fut visiblement écarté, mais n'écoutant que la plus élémentaire prudence, j'avais promptement démarré et repris mon chemin, dans l'intention de ne plus m'arrêter à nouveau, avant d'avoir rejoint le lieu précis de mon rendez-vous.

Un autre important détail commençait d'ailleurs à me tarauder, une inconnue de taille.

La capacité réelle de mon réservoir...

Certes, j'avais roulé sur l'autoroute d'une manière uniforme et régulière, sans recourir à de quelconques manoeuvres ni accélérations brusques, en respectant de surcroît les limitations de vitesse, de sorte que ma consommation devait avoir été minimale. En tout état de cause, ma voiture affichait au compteur un kilométrage vénérable, approchant des trois cents mille, une endurance remarquable qui s'alliait à une faible gourmandise en carburant.

Mais j'avais parcouru plus de neuf cents bornes tout de même, et la jauge me semblait tout à coup dangereusement bas !

En outre, la seule station à essence que j'allais repérer dans la longue descente vers la ville de Saint-Chinian n'était pas encore ouverte, et ne le serait certainement pas avant plusieurs heures.

D'un autre côté, je brûlais d'envie de rejoindre mon ami, surtout après la mésaventure que je venais de vivre.

Je pris dès lors le parti de poursuivre ma route, escomptant que le voyant lumineux de passage dans la réserve veuille bien me prévenir suffisamment tôt, pour que je ne tombe pas en panne sèche loin de toute civilisation.

Le problème n'était d'ailleurs pas seulement ma méconnaissance de la région et l'apparente rareté des pompes, mais aussi une particularité connue des moteurs turbo-diesels.

Autant le simple fait de remplir à nouveau un réservoir était suffisant pour le redémarrage d'une voiture fonctionnant à l'essence, autant l'opération qui consistait à tenter de relancer un moteur diesel, après une panne de carburant, relevait d'un exploit pour un non professionnel.

J'en avais déjà connu l'expérience, me remémorant les laborieux pompages qu'avaient nécessités cette mésaventure. 

C'est en mûrissant ce genre de souvenirs que j'avais alors entamé l'ascension vers le village de Coulouma.

Jean-Jacques m'avait prévenu : ce ne serait pas non plus une partie de plaisir.

Un chemin " qui zigue et qui zague " m'avait-il dit d'un ton très sérieux.

C'était effectivement une route étroite et sinueuse, qui n'en finissait plus de grimper dans les bois et la garrigue, bordée de part et d'autres de flancs rocheux et d'impressionnants fossés, quand ce n'étaient pas ce qui me semblaient virer en d'insondables ravins purs et simples.

C'est dire qu'au terme d'un dernier périple qui m'avait paru interminable, j'avais aperçu avec soulagement les premières maisons du village, lequel était tellement anecdotique que je l'avais traversé en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire.

Le début d'un chemin de pierrailles, qui continuait à monter - décidément, cela ne s'arrêtera jamais - en pente douce et que j'avais négocié à vitesse réduite, tant pour ménager ma voiture que pour progresser le plus silencieusement possible.

Une angoisse de dernière minute m'avait assailli :

Et s'il n'était pas là ?

J'étais presque parvenu tout en haut, lorsque j'avais repéré sa voiture.

L'engin était reconnaissable entre mille : le break Lada de fabrication soviétique, les deux bonbonnes de gaz fixées sur le toit de part et d'autre d'une grande malle métallique, l'ensemble d'une teinte uniforme qui tirait sur le sable,  mais que je m'amusais à comparer, par affecteuse moquerie, aux voitures blindées allemandes de l'Afrikakorps " pendant la campagne de Rommel ".

Contrairement à mes calculs, le hayon arrière était levé, et un Jean-Jacques bien réveillé, mais encore étendu sur son matelas, m'avait accueilli avec une visible satisfaction, sans nul doute celle de me voir arriver, ayant ainsi tenu ma promesse.  

" Salut Do " .

Il me saluait toujours des deux premières lettres de mon prénom, qu'il prononçait comme la note de musique.

" Je t'attendais : tu veux du café ?
"

(à suivre)


 

Par carchadorias - Publié dans : LES CHRONIQUES DU MIDI - Communauté : Les fossiliens
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Jeudi 13 août 2009 4 13 /08 /Août /2009 07:33





Les photographies qui vont illustrer ces articles ne seront certes pas un modèle de qualité.

Toutefois, les lecteurs comprendront par la suite que j'y tienne comme à la prunelle de mes yeux.

Pour les besoins de la cause, j'aurai en catastrophe fouillé dans mes archives, sans trop m'attarder toutefois, de peur de me laisser submerger par une vague de nostalgie, ou au moins dans le but de ne pas m'appesantir sur des souvenirs qui m'eussent vite mobilisé toute la soirée.

C'est que les clichés historiques dont question, je savais plus ou moins où les retrouver.

Dans de grands albums de plastique noir, qui étaient en principe destinés à la collection et à la préservation de cartes postales, mais que j'avais à l'époque détournés de leur usage théorique pour en faire le recueil des multiples photographies, en format dix-quinze, que j'avais commencé à réaliser voici quasiment une vingtaine d'années.

N'ayant plus le temps matériel de remettre la main sur les négatifs d'origine, outre que je ne dispose pas encore du matériel adéquat qui me permettrait de les numériser, comme certaines de mes connaissances l'ont apparemment fait avec succès, je n'aurai dès lors trouvé d'autre expédient que de les scanner sommairement, avec toutes les imperfections que cette technique engendre.

Seulement voilà, entamer cette nouvelle rubrique consacrée à mes petites aventures - toutes proportions gardées - passées pendant deux décennies dans le Midi de la France, ne pouvait décemment se faire sans commencer par ces moments révolus, qui sont chers à ma mémoire parce qu'ils jetèrent les fondations d'un amour immodéré pour une région située à plus de mille kilomètres de mes propres racines.

« Rendez-vous à Coulouma », m'avait lancé mon ami Jean-Jacques, à la fin du mois de juin 1991. 

C’était moins une instruction qu’une donnée pour lui déjà objective, dont la matérialité future était dans son esprit incontestable : j'allais le rejoindre dans le Midi de la France, pour passer quelques jours de prospection en sa compagnie.

Il n’était pas question de me débiner : mon mentor m’attendrait sur place, tout en haut du chemin pierreux situé à la sortie du village.

L'année précédente, je n'avais pas eu l'opportunité de le rencontrer : en vacances dans les Pyrénées, tout au plus avais-je pu remonter avec un ami, pour passer quelques heures sur le lieu mythique qu'il m'avait indiqué, et dont il m'avait décrit les alentours : Ferrals-Les-Montagnes.

Mais le temps matériel qu'il nous avait fallu consacrer au trajet aller-retour avait été tel que nous n'avions qu'à peine pu repérer les couches fossilifères, des trous flanqués d'amas de schistes beiges éclatés et éparpillés dans tous les sens, qui attestaient de ce que les lieux étaient un passage très fréquenté par les amateurs de trilobites.


Cette fois, la chose était entendue : quelques semaines auparavant, profitant d'une petite expédition que nous avions menée à deux dans une carrière abandonnée dans le Grand Duché de Luxembourg, Jean-Jacques m'avait avancé que, puisque je vivais seul à l'époque, il n'y avait aucune raison pour que je ne le rejoigne pas dans le Midi.

Seulement voilà (aussi)...

Pour sortir de ses petites habitudes un indécrottable casanier tel que votre serviteur, il avait fallu moins une solide argumentation que l'ascendant naturel dont l'intéressé pouvait faire preuve, de par son charisme et l'assurance que généraient son grand âge, de même que son indéniable expérience.

Je m'étais donc laissé convaincre.

Le dimanche 14 juillet 1991, j'étais passé prendre congé de quelques amis, puis j'avais mis le cap sur la France.

Outre les bagages sommaires et le matériel tels qu'on peut les imaginer, j'avais emporté deux thermos de café et une quantité appréciable de sandwichs, les disposant à portée de la main, du côté du passager avant, de telle sorte qu'ils restent immédiatement accessibles.

Malgré que je n'aie conservé aucune trace écrite de cette expédition, cette certitude quant à la date précise du départ restera à jamais inébranlable : après une soirée au cours de laquelle j'avais progressivement quitté le pays sous un ciel radieux, rehaussé par mes toutes nouvelles lunettes de soleil Serengeti acquises pour l'occasion, ensuite traversé sans encombre le Grand-Duché de Luxembourg, puis j'avais roulé sans discontinuer.

Au fur et à mesure que les heures passaient, la nuit était finalement tombée, mais je conserve toujours vivace le souvenir de ce voyage vers ce qui était pour moi l'inconnu, parce qu'une bonne partie du trajet avait été illuminée par des myriades d'explosions multicolores, festivités du 14 juillet obligent.

Je m'étais senti en pleine forme, à tel point que la proximité du ravitaillement s'était révélée être une aubaine.

Nul besoin de m'arrêter pour me sustenter ou pour boire. 

Particularité supplémentaire, mes activités professionnelles telles que pratiquées pour une compagnie d'assurances m'imposaient  depuis une demi-douzaine d'années des trajets journaliers qui devaient avoisiner les deux à trois cents kilomètres en moyenne.

J'étais dès lors un habitué du bitume, circulant  par ailleurs dans ma voiture personnelle, une grosse berline de fabrication allemande - une marque de prolétaires, je précise, vous voyant déjà venir - laquelle était un modèle de confort pour l'époque.

Confort à l'allemande, hein, n'exagérons pas tout de même !

Cette circonstance exceptionnelle expliquera sans doute ce qui va suivre.

A force de remettre à plus tard le moindre arrêt, qu'il soit destiné à satisfaire un besoin naturel ou motivé par une prudence élémentaire, j'avais ainsi roulé jusqu' à la ville de Lyon, dont Jean-Jacques m'avait certifié qu'elle serait un enfer, à moins d'aborder le célèbre "tunnel sous Fourvière" aux environs des deux heures du matin.

Après avoir négocié cette difficulté, dans les temps et sans encombre, je m'étais hasardé à poursuivre ma route.

J'avais continué, encore et encore, avalant ces longues distances avec une facilité déconcertante, franchissant les péages tel un ravitaillement de Formule 1, jusqu'à ce que je finisse, sans trop y croire, par arriver au petit matin sur les hauteurs de la ville de Saint-Chinian. 

Depuis le plein du réservoir, effectué au Grand-Duché, jusqu'à ma destination, j'avais roulé toute la nuit sans m'arrêter une seule seconde, ce qui n'était pas loin d'atteindre le millier de kilomètres !

Quoique cela n'avait pas été un modèle de prudence en matière de conduite automobile, avouons-le sans vergogne, la chose n'étant pas punissable en tant que telle, et l'eût-elle été qu'elle serait par ailleurs largement prescrite depuis lors.

Autant préciser que, par la suite et l'âge venant, un tel exploit allait vite devenir irréalisable.

N'empêche...

Six heures du matin !

Trop tôt pour m'en aller rejoindre le lieu de rendez-vous, sous peine de réveiller Jean-Jacques.  

(à suivre)




Par carchadorias - Publié dans : LES CHRONIQUES DU MIDI - Communauté : Les fossiliens
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Mercredi 5 août 2009 3 05 /08 /Août /2009 07:25




Dans le cadre de notre nouvelle rubrique intitulée " LES CHRONIQUES DU MIDI ", nous entamerons prochainement une série d'articles qui seront consacrés aux vacances passées, comme à l'accoutumée, dans le sud de la France, et plus précisément dans la région de Saint-Chinian.

Ce sera l'occasion pour votre serviteur de présenter quantité de récents clichés réalisés au cours du mois qui vient de s'écouler, soit les trop courtes semaines d'un séjour qui s'avéra sans conteste fort agréable, consacré qu'il fut aussi bien à des moments d'une détente réparatrice qu'à l'assouvissement d'une envie de prospection intensive.

Est-il utile de préciser que la réalisation de ces images fut abordée avec une attention toute particulière, et d'autant plus de soins qu'une nouvelle dimension s'était ajoutée à leur première raison d'être, à savoir de simples souvenirs, puisqu'ils se trouvaient désormais investis d'une fonction supplémentaire d'illustrations à apporter aux articles qui paraîtront sur un blog que vous commencez à bien connaître.




Non pas que votre serviteur soit particulièrement doué, ni doté d'un matériel de hautes performances, voire un adepte de la photographie d'art, loin s'en faut.

Tout au plus restai-je toujours à l'affût d'un sujet original et intéressant, qui serait susceptible de fournir une belle image. Il s'agissait moins de m''en aller à la chasse aux clichés de haute teneur esthétique que de saisir ces fugaces instants magiques qui se présentent parfois au hasard des promenades.



Qu'il s'agisse des schistes ordoviciens plutôt que des sables d'Oorderen, l'unique prétention de votre serviteur aura été de repérer la situation insolite, de deviner l'image potentielle à en tirer, et d'en soigner le cadrage tout en mettant à profit, autant que faire se pouvait, l'éclairage naturel dispensé par un soleil omniprésent, ou presque.



Point dès lors de pied ou d'accessoires encombrants, de savants réglages et de fastidieux calculs de vitesse ou de durée d'exposition, une grave lacune qui procède d'ailleurs, pour votre servitreur, moins d'un choix délibéré que de la facilité engendrée par une paresse intellectuelle regrettable, mais avouée et pleinement assumée en ce qui me concerne.

Gageons que les clichés engrangés serviront surtout de support aux futurs articles qui seront consacrés à mes dernières aventures paléontologiques, dans une longue série qui vous sera présentée sous le titre des " Carnets du noduleur ", une expression sur laquelle nous aurons bien entendu l'occasion de nous expliquer.


 

Toutefois, certains autres textes s'accompagneront de clichés à vocation plus " touristique", glanés au hasard des sorties de prospection pure.



Dans d'autres cas, ce seront même des illustrations purement paysagères, ou de documentation animalière.



En espérant que ce vaste programme vous agrée...




Par carchadorias - Publié dans : LES CHRONIQUES DU MIDI - Communauté : Les fossiliens
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